Primum non nocere

« Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. » (1)

Préambule

Dans ses préconisations sur le port du masque chez les enfants datées du 21 août 2020, l’OMS demande l’application d’une « approche fondée sur le risque » incluant « les incidences potentielles du port du masque sur l’apprentissage et le développement psychosocial » (2).

La Société Française de Pédiatrie, quant à elle, insiste sur l’importance de l’hygiène des mains, mais ne propose pas le port du masque chez l’enfant comme mesure obligatoire. Elle va plus loin dans ses dernières préconisations, elle parle du « consensus sur le fait que les enfants, et en particulier ceux de moins de 10 ans, ne contribuent pas significativement à la transmission de COVID19 » (3)
Pourtant, le port du masque est devenu obligatoire pour les enfants de plus de 6 ans dans le cadre scolaire depuis le 2 novembre 2020.

Au sein de nos cabinets, dans notre pratique, parmi les témoignages que nous récoltons depuis cette date, nous constatons que le port du masque par les enfants a déjà de nombreuses répercussions. Au vu de notre expertise sur le développement de l’enfant et particulièrement sur de développement de son langage, il est évident que d’autres effets sont à venir, inscrits dans les acquis des enfants soumis à cette mesure alors qu’ils sont dans une « fenêtre d’acquisition » qui s’ouvre pour un temps et se referme par la suite. Ces conséquences, une fois visibles, seront nécessairement irrémédiables.

Alarmés par cette situation, nous proposons ici notre regard d’orthophonistes sur le port du masque par l’enfant en milieu scolaire. Il représente un risque majeur pour son développement alors que le bénéfice est loin de faire consensus.

Les effets sur la santé

La littérature médicale relève déjà maints effets délétères du port du masque, et ceci à différents niveaux parmi lesquels nous pouvons citer sans prétendre à aucune exhaustivité : des problèmes dermatologiques, respiratoires, auto-infections, troubles du sommeil, asthénies. Les enfants qui portent des lunettes sont régulièrement gênés par la buée sur les verres, et se voient proposer comme seule solution de les enlever.

Notons également le message d’alerte lancé par la neurologue Dr Gries-Brisson sur les dangers d’un manque d’oxygénation en général et sur un cerveau en développement en particulier (4).

Au niveau psychologique, outre les effets déjà constatés de type dépression, phobie scolaire, anhédonie, le masque apparait comme la concrétisation d’un Alter potentiellement dangereux. Il est la marque, pour l’enfant, qu’il représente un danger pour autrui et qu’il doit être puni pour cela. Ce contexte, favorable à la construction d’une personnalité anxieuse, induit une limitation des interactions sociales (5).

La communication

Nous connaissons grâce aux travaux de Mehrabian (6 et 7) l’importance capitale des données para-verbales et non verbales dans la communication. Lorsque nous interprétons un message, nous nous reposons à 7% sur le contenu verbal (les mots qui composent le message), le 93% restant relevant à 38% du para-verbal (données relatives à la voix et à ses intonations) et à 55% du non verbal (langage corporel, mimiques).

Nous pouvons également relever l’étude de Roberson et all (8) : nous y constatons, d’une part, que la reconnaissance de l’expression faciale de personnes masquées n’est qu’à 70% correcte chez les adultes. D’autre part, il apparaît que la capacité d’interprétation d’une émotion de personnes masquées chute considérablement entre 7-8 ans et 9-10 ans, n’excédant alors pas 60% de réponses correctes. Ainsi, une communication qui offre une expression limitée aux yeux représente un risque important de mésinterprétation, de fausses informations, tout du moins un flou dans la compréhension correcte du message.

Nous savons depuis Piaget que l’enfant est amené, au travers de son expérience du monde, à développer des structures logiques (conservation / catégorisation / combinatoire / sériation / inclusion), selon différents stades. Or, à 6 ans, l’enfant n’a pas encore atteint le stade formel. Qu’est-ce qui existe derrière le masque, pour l’enfant qui le voit porté, que ce soit par un adulte ou par un pair ?

S’il est ainsi clairement établi que les supports d’une communication saine sont gravement perturbés par le port du masque, la question se pose de manière encore plus pointue en pédopsychiatrie, dans le contact que nous pouvons avoir avec des enfants présentant un trouble du spectre autistique. Les yeux sont parfois vécus comme intrusifs et le masque porté par autrui accentue cela. L’enfant masqué peut voir ses éprouvés sensoriels exacerbés, provoquant des réactions tonico-émotionnelles (tics, grimaces) voire des extériorisations violentes, ou des replis sur soi qui le sont tout autant.

Voix et sphère bucco-linguo-faciale

Le masque atténue entre 5 et 20 db, mais plus encore, il déforme le spectre de la voix (9). Pour compenser ce manque d’intelligibilité, le locuteur croit bien faire en forçant sur sa voix. Il entre ainsi dans le « cercle vicieux du forçage vocal » (10) qui ne peut qu’inquiéter tout professionnel de la voix en raison des risques qu’il engendre (dysphonies, nodules, …)

Au niveau de la sphère bucco-linguo-faciale, nous relevons l’importance primordiale du souffle, de la respiration, de l’expérience des praxies pour un développement optimal de cette zone chez les enfants. Ceux qui présentent encore des manifestations de para fonctions buccales sucent ou tètent leur masque, loin de toutes considérations hygiéniques. Notons que les contraindre par le rappel de la consigne de ne pas téter, les conduisent à un vécu particulièrement difficile de l’école, puisqu’il s’agit d’un besoin dont le contrôle relève de fonctions réflexes difficilement maîtrisables.

Par ailleurs, la majorité des personnes qui portent le masque, qu’elles soient enfants ou adultes, a tendance à instaurer une respiration buccale pour compenser le manque d’apport en oxygène. Ainsi, le masque induit chez l’enfant une stagnation au stade buccal, voire une régression d’un stade nasal installé à un stade buccal.

Nous nous alertons ainsi sur une augmentation à prévoir des problématiques liées à ce phénomène (problèmes orthodontiques, cervicalgies, tensions dans les articulations temporaux-mandibulaires, bruxisme et acouphènes notamment).

Dans notre pratique, nous relevons l’émergence très récente de demandes concernant des troubles articulatoires chez des enfants qui avaient jusque-là une prononciation exacte. Ces troubles touchent les consonnes fricatives (s-z / ch-j) et sont analysables en termes de recul lingual. Il apparaît ainsi que certains enfants pourraient mettre leurs articulateurs en retrait, comme ils se mettent également en retrait dans toute ou partie de leur vie.

Langage oral

Pour préserver sa voix, le locuteur peut adopter une autre stratégie que le forçage vocal : il peut tout simplement diminuer le nombre de mots qu’il produit, il va à l’essentiel. L’enfant est confronté à moins de langage, et à un langage moins élaboré, de moindre qualité. En tant que locuteur, il produit moins de mots, des phrases plus courtes et diminue tout autant les expériences linguistiques qui sont pourtant le socle de ses apprentissages.

Il y a donc une perte sensible à tous les niveaux, et surtout en ce qui concerne le langage oral : le port du masque compromet la fluidité du bain de langage par une exposition au langage qui est réduit au niveau quantitatif et qualitatif.

Les conséquences du port du masque se font sentir premièrement au niveau phonologique : les sons déformés par le masque, l’enfant n’a plus de feed-back de qualité (visuel et auditif) pour son autocorrection. En ce qui concerne le niveau lexical, nous assistons à des difficultés d’acquisition de nouveaux mots en raison de la modification du spectre de la parole induite par le masque : les nouveaux mots ont une forme phonologique déformée, floue, fluctuante. Ceci est encore plus prégnant auprès de la population allophone que nous rencontrons.

Ensuite, au niveau morpho-syntaxique, nous savons que les morphèmes sont de toutes petites unités qui sont déjà en temps normal difficiles à percevoir. Elles le sont d’autant plus avec une parole masquée. Ces unités prennent par ailleurs tout leur sens dans la prosodie de la parole (mélodie, rythmes, pauses) qui est également fortement altérée par le masque.

Le port du masque renforce les difficultés de ceux qui en ont déjà, comme les enfants qui présentent un trouble spécifique du langage oral ou les enfants sourds qui se voient ainsi privés de compensations primordiales dans le maintien de leurs interactions. Nous voyons aussi qu’il est susceptible d’engendrer une limitation de l’acquisition du langage oral chez tous les enfants.

Langage écrit

Nous observons que l’impact du port du masque est important au niveau du langage oral. Or, ce langage oral est non seulement prédictif de la facilité d’entrée dans le langage écrit mais il en est également le socle, la base.

En ce qui concerne l’apprentissage même de la lecture et de l’écriture, nous relevons que le port du masque est une barrière à la mise en place de la correspondance phonème – graphème. Il entraîne ainsi des difficultés accrues pour les enfants à risques, et surtout par ceux qui présentant un trouble phonologique.

Pour tous les enfants, il empêche les enseignants de valider la justesse de leur lecture, puisqu’un doute persiste sur les confusions fréquentes entre certains sons. Nous avons ainsi plusieurs témoignages de parents qui ont reçu un mot de leur professeur des écoles leur demandant de vérifier par eux-mêmes si l’enfant confond les consonnes occlusives (p-b, t-d, k-g), elle-même étant en incapacité de le faire.

En effet les quelques informations acoustiques permettant de déceler la différence entre /p/ et /b/ par exemple deviennent de plus en plus ténues. Ces traits distinctifs qui doivent être nécessairement clairs pour l’apprentissage de l’écriture et de la lecture sont filtrés.

Cognition

Toutes les compétences cognitives sont impactées par le port du masque. Outre les compétences langagières déjà développées, citons encore sans soucis d’exhaustivité :

Au niveau des fonctions exécutives : l’attention est moins disponible pour les apprentissages parce qu’elle est monopolisée par la gestion du masque et de la respiration. Ceci nécessite un autocontrôle coûteux et induit une surcharge cognitive inutile, dans un cerveau qui n’est pas conçu pour effectuer en même temps deux choses qui sollicitent l’attention (11).

En ce qui concerne les compétences sociales, le port du masque par les enfants entraîne des difficultés à mettre en place des interactions avec les pairs et avec les adultes à un moment crucial du développement de cette compétence. L’école est LE lieu d’émancipation des enfants, désormais les contacts humains y sont souvent interdits, au mieux fortement limités.

Les compétences mnésiques sont également impactées : l’adaptation à la nouvelle situation a un coût, l’énergie consacrée à cela n’est pas disponible pour les apprentissages. De plus, les acquisitions se font actuellement dans un climat anxiogène et contraignant, ce qui ne peut qu’alarmer le clinicien sensible à l’intrication entre émotions, mémorisation et cognition (12)

Conclusion

Le masque en tant que dispositif médical devrait être soumis à la règle du bénéfice – risque inhérent à toute problématique médicale.

En tant qu’orthophonistes, nous nous alarmons sur les signes cliniques que nous constatons actuellement dans notre pratique et sur les risques majeurs que nous redoutons pour l’avenir compte-tenu de notre connaissance du développement de l’enfant.

Les bénéfices n’étant pas clairement établis, comme d’autres professionnels de santé et l’enfance (par exemple 13 – 17), nous pensons qu’il est urgent de laisser les enfants respirer, jouer, interagir et parler librement, sans masque. Il est temps de cesser ce cadre délétère autour de l’enfant, en totale opposition avec ses droits les plus fondamentaux.

 

 

Références

 

  1. https://www.unicef.fr/sites/default/files/convention-des-droits-de-lenfant.pdf
  2. https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/335945/WHO-2019-nCoV-IPC_Masks-Children-2020.1-fre.pdf?sequence=1&isAllowed=y
  3. https://www.sfpediatrie.com/actualites/rentree-scolaire-covid19-propositions-actualisees-sfp
  4. https://fr.sott.net/article/36152-Une-neurologue-allemande-met-en-garde-contre-le-port-du-masque-La-privation-d-oxygene-provoque-des-dommages-neurologiques-irreversibles
  5. https://www.marianne.net/agora/humeurs/masques-a-lecole-primaire-les-enfants-sont-baignes-dans-un-climat-anxiogene-general
  6. https://psycnet.apa.org/record/1967-08861-001
  7. https://psycnet.apa.org/record/1967-10403-001
  8. https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0010027712001412?dgcid=api_sd_search-api-endpoint
  9. https://www.mgen.fr/fileadmin/medias/5_Le_groupe_MGEN/Prevention/sante_au_travail/MGEN_Livret_VoixMasque_Novembre2020.pdf
  10. https://www.phoniatrie-laryngologie.fr/2009/10/01/cercle-vicieux-du-forcage-vocal-et-trimodalite-du-comportement-phonatoire/

11 https://www.youtube.com/watch?v=hNERzZDZT68&ab_channel=TEDxTalks

12 https://emotischool.com/Cuisinier,%20Tornare%20&%20Pons%20(2015)%20ANAE.pdf

13 http://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/impacts-traumatiques-de-la-politique-sanitaire-actuelle-sur-les-enfants-un-constat?fbclid=IwAR17LLp6Sk7ZxaHH6EKq0ySdysKQw3mAysq_8haNb_bTShqdItWi_wvCTUo

14 https://www.liberation.fr/debats/2020/11/01/port-du-masque-a-6-ans-avons-nous-perdu-l-age-de-raison_1804083

15 https://www.lalibre.be/belgique/enseignement/septante-medecins-flamands-demandent-l-abolition-du-masque-dans-les-ecoles-une-menace-serieuse-pour-leur-developpement-5f58a5189978e2322fa9d32c

16 http://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/le-port-du-masques-pour-les-enfants-cest-de-la-maltraitance

17 http://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/le-port-du-masques-pour-les-enfants-cest-de-la-maltraitance

Les mécanismes par lesquels le virus SARS-Cov2 se transmet d’une personne à l’autre et l’importance relative des différentes voies d’infection (respiratoires ou manuportées) restent incertaines.

Il est généralement admis que le virus COVID-19 se propage principalement via des gouttelettes de salive ou d’écoulement nasal émis lorsqu’une personne infectée tousse, éternue, parle ou respire. Selon leur taille, les gouttelettes n’ont pas le même comportement, c’est pourquoi on a séparé les projections en deux familles, les gouttelettes et les aérosols. La quantité de chaque famille dépend d’un certain nombre de conditions. La Figure 1 montre que la majorité des projections est de très faible taille, inférieure au micromètre, et que les projections plus grandes ne sont présentes qu’en cas de cri, par exemple.

 

Figure 1 : Répartition des tailles de gouttelettes, pour trois conditions, repos (quiet), parole (intermediate), et cri (loud).1 Le temps de vie de chaque type de gouttelettes est indiqué. Les gouttelettes de petites tailles vaporisent en aérosol, celles de grande taille se déposent au sol ou sur des surfaces.

Ces gouttelettes ont un comportement très varié : les très petites sont vaporisées après un millième de seconde dans l’air ambiant, le temps de vie des particules de 1 micron est de l’ordre de la seconde, et les plus grosses particules peuvent subsister jusqu’à la minute.

Mais les trajectoires sont aussi différentes : si les particules les plus petites sont vaporisées dans l’atmosphère, les plus grosses particules tombent sur le sol ou les surfaces environnantes. En général, des gouttelettes > 5 μm se déposent à 1–2 m de la source d’émission. Cette donnée est la base de la recommandation de la distance minimum de 1 à 2 m entre deux personnes.

On a ainsi deux modes de propagation : de nombreuses particules très petites (< 1m) qui sont très vite vaporisées (1 ms), de moins nombreuses particules > 5 m qui se déposent sur les surfaces, distantes d’un à 2m, ainsi qu’un régime intermédiaire de particules dont la déshydratation (facteur déterminant de la vaporisation) dépend des conditions extérieures (température et humidité).

Sur cette base, une modélisation mathématique a été mise en œuvre pour simuler les risques induits en intérieur.2 D’après cette étude, dans un bureau, ou une salle de classe, l’aération réduit le risque de contamination par 2.5, et le port du masque en plus, le réduit encore par 3.2 (Figure 2).

Figure 2 : Risque individuel d’infection d’une personne (équivalent à la fraction du groupe infecté) dans trois environnements intérieurs (bureau, salle de classe, chœur) et cinq scénarios, pour une propagation standard. Scénario A: ventilation passive, pas de masque. Scénario B: ventilation active avec air extérieur, pas de masques. Scénario C: ventilation active, masques faciaux (pas pour choeur). Scénario D : ventilation active, masques de haute qualité (pas pour choeur). Scénario E: filtration à haut volume avec HEPA. Figure adaptée de la référence 2.

On peut expliquer ce résultat par le fait que les plus petites particules, sont éliminées par l’aération, tandis que les particules plus grosses sont arrêtées dans leur émission par le port du masque (blocage des particules > 3 m de l’intérieur vers l’extérieur). On notera que quantitativement, la protection la plus importante est apportée par la ventilation (élimination des petites particules aérosolisées).

Les points à retenir :
i) L’aération apporte la protection la plus importante, sur les aérosols, ce qui confirme que le port du masque chirurgical ou tout public (à l’intérieur comme à l’extérieur) ne protège pas contre les aérosols,
ii) Le port du masque est inutile en extérieur si une distance minimale est respectée, puisqu’il ne fait que bloquer les particules > 3m qui sont extrêmement rares et vont majoritairement tomber au sol à 1m de la personne,
iii) Dans ce modèle, les aérosols sont détruits par l’aération. Il faut cependant noter que le phénomène d’aération peut induire un déplacement du virus et des dépôts sur des surfaces dans la pièce, et ne pas avoir l’effet bénéfique escompté,1
iv) Cette aération a lieu de façon spontanée à l’extérieur, et les présentes données sont extrapolables à l’extérieur.

Références

1 adaptée de Asadi S, Wexler AS, CAppa CD, Barreda S, Bouvier SM, Ristenpart WD. Aerosol emission and superemission during human speech increase with voice loudness (https://doi.org/10.1038/s41598-019-38808-z). Scientific Reports 2019; 9:2348 This article is licensed under a Creative Commons Attribution 4.0 International License http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/
2 Jonathan Borak , Airborne Transmission of COVID-19 , Occupational Medicine 2020;70:297–299 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7313827/pdf/kqaa080.pdf
3 Lelieveld. MedRxiv. Model Calculations of Aerosol Transmission and Infection Risk of COVID-19 in Indoor Environments International Journal of Environmental Research and Public Health preprint https://doi.org/10.1101/2020.09.22.20199489;
4 « Role of ventilation in airborne transmission of infectious agents in the built environment – a multidisciplinary systematic review » Indoor Air 2007 – Dr Yuguo Li https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.16000668.2006.00445.xhttps://www.researchgate.net/profile/Wei_Zhen_Lu/publication/6547407_Role_of_ventilation_in_airborne_transmission_of_infectious_agents_in_the_built_environment__A_multidisciplinary_systematic_review/links/5c5105a3458515a4c7497dfa/Role-of-ventilation-in-airborne-transmission-of-infectious-agents-in-the-built-environment-A-multidisciplinary-systematic-review.pdf

Le CO2, poison pour notre santé

Une étude menée par trois universités américaines (Northwestern University–Chicago, University of Michigan–Ann Arbor, et University of Wisconsin–Madison) publiée en 2019 dans la revue Nature sustainability [1] a montré que la présence de dioxyde de carbone dans l’air que nous respirons peut avoir des conséquences importantes et nocives sur notre santé.

Cette étude passe en revue les observations concernant le risque sur la santé d’une exposition aiguë ou chronique à des concentrations élevées de CO2. Les conclusions scientifiques montrent un risque sur la santé pour des expositions supérieures ou égales à 1000 ppm (parties par million) en particulier les inflammations, la diminution des capacités cognitives, la décalcification des os, la calcification des reins, et le stress oxydant. Un document du Bureau de la qualité de l’eau et de l’air Santé Canadien (2020) expose lui aussi en détail les études épidémiologiques, toxicologiques et d’exposition portant sur le CO2. Ce document propose lui aussi une limite d’exposition de longue durée de 1000 ppm pour protéger contre le risque accru de symptômes tels que l’irritation des yeux, la rhinite, le mal de tête et la fatigue, ainsi que la baisse de performance cognitive [2].

Respiration et CO2

L’atmosphère terrestre est composée d’en moyenne 400 ppm de CO2. Le CO2 pénètre depuis l’atmosphère dans l’organisme par les poumons au cours de la respiration externe. Il est également produit par les cellules suite à la respiration interne ou cellulaire. Des concentrations de CO2 entre 400 et 800 ppm et de façon générale inférieures à 1000 ppm sont considérées normales.

Le problème des masques

Sous un masque, une simple mesure de concentration du CO2 montre des taux compris entre 2000 ppm et 10000 ppm [3, 4, 5] soit 2 à 10 fois la limite d’exposition recommandée et 1 à 5 fois le taux inacceptable pour la santé. Un taux excessif de CO2 dans le sang constitue une hypercapnie. La concentration de CO2 dans le sang augmente avec la durée de l’exposition. Les réponses physiologiques de l’organisme à une hypercapnie dépendent de la durée de l’exposition au CO2 et de sa concentration.

D’après une étude publiée en 2020 dans le journal Aerosol and Air Quality Research [6], lors du port d’un masque facial, des taux de CO2 allant de 2150 à 2875 ppm ont été enregistré dans la zone respiratoire en fonction de l’activité réalisée, contre seulement 500 à 900 ppm sans le port d’un masque. Ainsi, ceci correspond à une augmentation moyenne de 1650 ppm de CO2 entre le non-port du masque et le port d’un masque (suivant le type de masque porté).

Toujours selon cet auteur, les masques sont à classer ainsi suivant un taux de rétention de CO2 croissant :

  • 2051 ± 238 ppm pour les masques en tissu
  • 2107 ± 168 ppm pour les masques chirurgicaux
  • 2293 ± 169 ppm pour les masques FFP2

 

Bien que cette étude ne soit réalisée que sur un seul volontaire pendant une très courte période (aucune exposition chronique n’est exposée), l’augmentation de CO2 dans l’air exhalé est significative lors des activités de marche du quotidien, mais aucune différence significative ne peut être interprétée entre les différents masques [6].

Effets physiologiques du CO2 et effets sur la santé

Voici les principaux effets sur la santé de l’inhalation de CO2 chez l’Homme. Les résultats suivants sont d’autant plus pertinents car ils proviennent d’études qui ont aussi examiné les effets de concentrations plus élevées de CO2 causées par des scénarios d’exposition atypiques ; le port prolongé du masque étant bien sur une situation pour le moins atypique. Ces données sont tirées d’une vaste revue reprenant de nombreuses ressources bibliographiques [2].

Modification du rythme respiratoire

L’augmentation de la concentration de CO2 dans le sang provoque des effets notables à court terme sur la régulation respiratoire en particulier une augmentation de la profondeur des mouvements et du rythme respiratoire.

Effets sur la chimie du sang

Lorsque nous respirons un air qui est plus chargé en CO2, pour maintenir notre équilibre, nous augmentons notre concentration de bicarbonate dans le sang et dans l’ensemble de l’organisme. Augmenter cette concentration de bicarbonate modifie l’équilibre acido-basique et modifie donc un certain nombre d’équilibres, notamment au niveau rénal et neurologique. Il est possible d’observer une baisse du pH sanguin (acidose) chez les sujets exposés de façon continue à des concentrations élevées de CO2 (c.-à-d. de 7000 à 15 000 ppm pendant au moins 20 jours).

Effets sur les reins

Lorsque l’organisme est incapable d’éliminer le surplus de CO2, ce surplus diminue le pH de l’organisme, ce qui peut entraîner une acidose aiguë ou chronique (c.-à-d. pH inférieur à 7,35). Ce surplus d’acidité peut être neutralisé non seulement par la régulation respiratoire abordée précédemment, mais également par une compensation des reins (pendant trois à cinq jours) qui est très active à partir de concentrations de CO2 dans l’air supérieure à 30 000ppm. Pour une exposition chronique à des concentrations de CO2 inférieures à 30 000ppm, comme celles mesurées sous les masques, la régulation rénale du pH sanguin est lente et peu efficace, et les tampons osseux constituent alors le principal système de régulation.

Long terme : Un risque pour les os

Lorsque la concentration de CO2 est inférieure à un taux de 30000 ppm pendant une longue période (comme c’est le cas depuis le début du port obligatoire du masque), la régulation rénale de l’acidité créée par le CO2 est peu efficace. Dans ce cas, le principal mécanisme de compensation se situe au niveau des os. Les effets de l’exposition prolongée à des concentrations élevées en CO2 conduisent à une baisse du taux de calcium dans le sang et des biomarqueurs de la formation osseuse ainsi qu’à une légère résorption osseuse.

Effets respiratoires : le masque accroît le risque de symptômes type COVID-19

Les symptômes des voies respiratoires (irritation des yeux, maux de gorge, sécheresse de la gorge, congestion ou écoulement nasal, éternuements et toux) apparaissent plus souvent chez les personnes exposées à des concentrations de CO2 supérieures à 800 ppm. Des concentrations de CO2 supérieures à 1000 ppm sont associées à un risque accru de rhinite (éternuements, ou congestion ou écoulement nasal).

De nombreuses études épidémiologiques (voir tableau 3 sur [2]) dans les écoles et les bureaux ont montré les liens entre les concentrations de CO2 et des symptômes des voies respiratoires et des muqueuses. Les symptômes comprennent des atteintes oculaires, respiratoires (p. ex., irritation du nez ou de la gorge, rhinite et toux) et généraux (p. ex., fatigue et mal de tête) qui sont liés au temps d’exposition.

Ainsi, il peut être noté que :

  • L’irritation des yeux, le mal de gorge, la sécheresse de la gorge, la congestion ou l’écoulement nasal, les éternuements et la toux sont observées chez des personnes exposées à des concentrations de CO2supérieures à 800 ppm.
  • Une augmentation de 100 ppm de la concentration de CO2 peut augmenter le risque de nombreux symptômes des voies respiratoires et des muqueuses (sécheresse des yeux, mal de gorge, symptômes du nez ou des sinus, oppression thoracique, éternuements, toux, sifflements et rhinite).

Effets neurologiques : le non-sens du port du masque dans les écoles

D’autres études réalisées dans des écoles ou des bureaux (voir tableau 3 sur [2]) ont démontré l’existence d’associations entre la prévalence accrue de symptômes neurophysiologiques et les concentrations élevées de CO2.

Des dizaines d’études montrent le lien entre les concentrations de CO2 supérieures ou égales à 1000 ppm et une baisse de la performance à l’école ou au bureau (prise de décision, exécution de tâches et scores aux tests standardisés). Ainsi :

  • En moyenne une augmentation de 400 ppm de la concentration de CO2 (par rapport à une concentration normale) est associée à une baisse de 21 % du score obtenu aux tests par les participants !
  • Les concentrations de CO2 supérieures à 1000 ppm sont associées à un manque de concentration.
  • Des concentrations élevées de CO2 ont des impacts sur les performances cognitives et la productivité (avec des scores 50% inférieurs lorsque les sujets sont exposés à des concentrations de 1400 ppm au lieu du taux de CO2 normal pendant une journée de travail.
  • Les concentrations de CO2 supérieures à 1500 ppm sont liées à une prévalence accrue de maux de tête, d’étourdissements, de sensation de tête lourde et de fatigue.
  • Lors d’une exposition de seulement 2,5 heures une diminution de la performance à la prise de décision, l’exécution des tâches et le niveau d’effort mental nécessaire à l’exécution d’une tâche ont été relevés à une concentration de 3000 ppm.
  • Des effets neurologiques (mal de tête, fatigue, déficience visuelle, difficulté de concentration et augmentation temporaire du débit sanguin cérébral) ont été relevés lors de l’exposition prolongée (1 à 30 jours) à des concentrations de CO2 supérieures à 6000 ppm.

Comme au niveau des symptômes respiratoires, le risque de symptômes neurophysiologiques croît avec chaque augmentation de 100 ppm de la concentration de CO2.

Effets cardio-vasculaires et respiratoires

Les effets cardio-vasculaires et respiratoires dus à l’exposition prolongée par inhalation à des concentrations élevées de CO2 (supérieures à 7000 ppm pendant 23 jours) créent une diminution de la capacité de diffusion pulmonaire du monoxyde de carbone (CO) et du débit cardiaque, une augmentation de la ventilation et une augmentation temporaire des fréquences cardiaque et respiratoire. Des risques significatifs de dyspnée sont également observés lors d’efforts légers [7].

Personnes vulnérables et sensibles

Les personnes souffrant déjà de certains problèmes de santé (allergies ou asthme) sont plus sensibles aux symptômes neurophysiologiques que celles n’en souffrant pas.

Le port systématique du masque à partir de l’âge de six ans projette chacun de nous dans la catégorie des personnes vulnérables et sensibles. Désormais les enfants sont considérés comme une population particulièrement vulnérable, exposés à des concentrations élevées de CO2 lorsqu’ils sont à l’école. De plus, en raison de leur morphologie, les enfants inhalent plus d’air par rapport à leur poids corporel que les adultes. Ils peuvent également être plus sensibles que les adultes aux effets du CO2 sur la santé en raison de leur différente capacité à métaboliser, détoxifier et excréter le CO2 mais de leur croissance et de leur développement rapides.

Peur et panique aggravent les effets négatifs d’un excès de CO2

Une augmentation de l’anxiété et de réactions types crise de panique a pu être observée en présence du port d’un masque. Au moins six études montrent que les patients atteints de trouble panique sont plus sensibles aux effets anxiogènes du CO2 que les sujets en bonne santé.

Conclusion

Ces études montrent que le port du masque prolongé n’est pas anodin pour la santé. L’augmentation du taux de CO2 inhalé modifie l’équilibre acido-basique du corps qui déclenche alors différentes réactions visant à s’opposer à cette l’acidose induite par le port du masque. Il apparait alors important d’étudier la réelle balance bénéfice/risque liée à l’obligation du port du masque dans les activités quotidiennes.

À RETENIR

 

Des données indiquent que le port d’un masque respiratoire augmente la concentration en CO2 de l’air inhalé, mais l’effet chronique du masque sur la concentration en CO2 et son impact sur la santé des individus sont peu étudiées. Les effets délétères sont nombreux et sont plus ou moins graves en fonction de la concentration et de la durée d’exposition :

 

Exposition aiguë :

  • Rétention du CO2 (1000-5000 ppm), durée d’exposition inférieure à 4h
  • Inflammation (2000-4000 ppm), durée d’exposition : 2h
  • Effets cognitifs (1000-2700 ppm), durée d’exposition : 1h à 6h

Exposition chronique :

  • Inflammation systémique chronique de bas niveau (3000 ppm), exposition de 13 jours
  • Déminéralisation osseuse et calcification rénale (2000-3000 ppm), 60 à 90 jours
  • Acidose respiratoire chronique de bas niveau, dizaine d’années d’exposition
  • Changements de comportement et stress physiologique (700-3000 ppm), exposition de 13 à 15 jours
  • Stress oxydant (3000-5000 ppm), 13 jours à 6 mois
  • Effets cardio-respiratoires
  • Effets neurologiques
  • Effets rénaux

Pour toutes les raisons exposées précédemment, les normes au niveau international sont égales ou proche des 1000 ppm (France : 1000 ppm, Royaume-Uni : 1500 ppm). De façon générale, un niveau de 2000-2500 ppm en CO2 est considéré comme inacceptables pour la santé [8].

 

 

Références

[1] T. A. Jacobson, J. S. Kler, M. T. Hernke, R. K. Braun, K. C. Meyer, et W. E. Funk, « Direct human health risks of increased atmospheric carbon dioxide », Nature Sustainability, vol. 2, nᵒ 8, Art. nᵒ 8, août 2019, doi: 10.1038/s41893-019-0323-1.

[2] Bureau de la qualité de l’eau et de l’air et Santé Canada, « Lignes directrices sur la qualité de l’air intérieur résidentiel recommandées pour le CO2 ». 2020, Consulté le: déc. 1, 2020. [En ligne]. Disponible sur : https://www.canada.ca/content/dam/hc-sc/documents/programs/consultation-residential-indoor-air-quality-guidelines-carbon-dioxide/consultation-lignes-directrices-qualite-air-interieur-residentiel-dioxyde-carbone.pdf.

[3] https://thehighwire.com/mask-test-proves-toxic-for-children/

[4] https://www.youtube.com/watch?v=jmEt0UjrnfQ

[5] référence [4] à télécharger ici si elle a été censurée. https://drive.google.com/file/d/1o5WUdKmpjmaVzTC-DgrPwHiNyZnGEnZl/view

[6] O. Geiss, « Effect of Wearing Face Masks on the Carbon Dioxide Concentration in the Breathing Zone », Aerosol Air Qual. Res., vol. 20, oct. 2020, doi: 10.4209/aaqr.2020.07.0403.

[7] E. Person, C. Lemercier, A. Royer, et G. Reychler, « Effet du port d’un masque de soins lors d’un test de marche de six minutes chez des sujets sains », Revue des Maladies Respiratoires, vol. 35, nᵒ 3, p. 264‑268, mars 2018, doi: 10.1016/j.rmr.2017.01.010.

[8] J. Y. S. Loh et M. M. Andamon, « A Review of IAQ Standards and Guidelines for Australian and New Zealand School Classrooms », p. 8. http://anzasca.net/wp-content/uploads/2017/11/ASA_2017_Loh_Andamon.pdf

 

 

Le test PCR est suspendu comme une épée de Damoclès sur des millions de citoyens depuis des mois, influençant, selon le résultat, la vie personnelle et professionnelle lourdement.

Ce test a maintenant trouvé son chemin vers les tribunaux : une action a été déposée auprès du tribunal régional de Berlin le 23 novembre pour infections non détectables [1]. L’Autriche est également dans les starting-blocks avec un procès avec le même contenu. D’autre part, la cour d’appel du Portugal a statué le 11 novembre que le processus PCR n’est pas un test fiable pour le Sars-Cov-2. En outre, l’arrêt a laissé entendre que toute quarantaine forcée appliquée à des personnes en bonne santé pourrait constituer une violation de leur droit fondamental à la liberté. Plus important encore, les juges ont décidé qu’un seul test PCR positif ne peut pas être utilisé comme un diagnostic efficace de l’infection [2].

 

Rappelons que les experts ont confirmé que le test PCR n’est pas adapté pour poser le diagnostic de Covid-19[3]. Ce jugement critique est confirmé par le CDC – la plus haute autorité sanitaire américaine. Le test PCR recherche des extraits de virus et « La détection de l’ARN viral peut ne pas indiquer la présence d’un virus infectieux ou ni que le COVID-19 est l’agent causal des symptômes cliniques. » a déclaré le CDC. L’agence conclut qu’une « grande proportion de décisions lourdes sont très probablement basées sur des résultats de tests incorrects ».

Ces actions en justice ont donc pour but essentiellement d’exposer l’utilisation incorrecte et abusive du test PCR. Les principales conclusions juridiques sont :

  • le test n’est ni adapté ni destiné à la détection d’une infection
  • la chaîne : test positif – infecté – contagieux- danger –est fausse
  • Le diagnostic d’une infection doit être posé par un médecin inscrit à l’ordre et seulement par un médecin après examen clinique et examens paracliniques prescrits par lui s’il le juge nécessaire
  • La justice n’a pas vocation à poser un diagnostic en lieu et place d’un médecin
  • Le test PCR retenu n’est en aucun cas un élément de certitude pour poser le diagnostic à coronavirus 19 et ne doit pas être utilisé à ces fins
  • Le diagnostic posé sur un test PCR viole l’article 6 de la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme signée par le Portugal et autres pays européens.
  • Elle n’est pas respectée car il n’a pas eu de consentement éclairé des personnes.

 

References

[1]https://www.google.com/Plainte du Dr. med. Wolfgang Wodarg

[2] Arrêt n° 1783/20.7T8PDL.L1-3 de la Cour d’appel de Lisbonne, 11 novembre 2020 :

https://tribunal-relacao.vlex.pt/vid/851822033

Jugement complet en portugais :

http://www.dgsi.pt/jtrl.nsf/33182fc732316039802565fa00497eec/79d6ba338dcbe5e28025861f003e7b30

Jugement complet traduit en anglais :

https://translate.google.com/translate?hl=&sl=pt&tl=en&u=http%3A%2F%2Fwww.dgsi.pt%2Fjtrl.nsf%2F33182fc732316039802565fa00497eec%2F79d6ba338dcbe5e28025861f003e7b30

 

[3] https://cormandrostenreview.com/report/

 

Risques psychologiques liés au premier confinement

Ainsi l’IRDES (Institut de recherche et documentation en économie et santé) a conduit lors de la 4eme semaine du premier confinement (3-13 avril 2020) une enquête internet (COCLICO) permettant d’évaluer l’apparition d’une détresse psychologique dans la population française au cours de la première période de confinement [3]. Sur un échantillon de 3200 personnes majeures ayant complété le questionnaire en totalité, la survenue d’une détresse psychologique a été observée chez un tiers des personnes interrogées (12% des répondants présentaient une détresse d’intensité sévère), se traduisant en particulier par une aggravation des problèmes de tension et de stress, de sommeil, de concentration ainsi que du sentiment d’être malheureux ou déprimé. Les facteurs associés ont été évalués afin de repérer les populations vulnérables nécessitant la mise en place d’un soutien.

Ainsi, les personnes exposées au coronavirus (malades avérés ou vivant avec un malade, travailleurs exposés), ou présentant des maladies chroniques avaient une probabilité plus élevée de survenue de détresse psychologique liée au sentiment de risquer une infection sévère et à la crainte des difficultés d’accès aux soins intensifs.

En dehors de ces facteurs de risque liés à l’infection, le confinement a aggravé les fragilités psychologiques préexistantes. Ainsi, les personnes ayant eu recours à des soins de santé mentale dans les 12 mois précédant la crise (dont une forte proportion de femmes) présentaient un risque accru de détresse psychologique. La vulnérabilité de cette population est également mise en évidence dans l’étude menée par la fondation Jean Jaurès concernant plus particulièrement les idées suicidaires [4, 5. 6, 7]. Un risque accru de détresse psychologique a été constaté chez les personnes en état de solitude ou avec un soutien social faible, détresse s’expliquant par la rupture des liens sociaux habituels, induite par le confinement. Le soutien social apparaît même comme un facteur de risque plus marqué que le nombre de mètres carrés disponibles par occupant du foyer, sauf lorsque celui-ci est très faible. Au contraire, le maintien des activités de loisirs habituelles et la réduction du temps passé à consulter les réseaux sociaux sont des facteurs limitant l’apparition de détresse psychologique.

Une dégradation de la situation financière à la suite du confinement est également associée à un fort risque d’apparition de détresse psychologique, sans corrélation significative avec la situation vis-à-vis de l’emploi (chômage total, partiel, congés …). Les mesures de chômage partiel pourraient avoir limité l’impact psychologique de ces modifications d’activité professionnelle.

Et depuis le déconfinement ?

L’enquête COCLICO se poursuit afin d’analyser l’impact des différentes mesures sur la santé mentale des français. Les résultats ne sont pas encore parus. On peut d’ores et déjà constater factuellement le doublement du nombre de personnes diagnostiquées en dépression (HAD score >10) entre juillet et novembre dans le suivi de santé publique France [8]. Ainsi, fin novembre 22,6% de la population française(plus d’une personne sur 5) a été diagnostiquée en dépression. Ce chiffre dépasse de 2 points le maximum atteint lors du premier confinement, les populations les plus à risque étant en particulier les jeunes adultes, les étudiants ou les personnes vivant seules, ainsi que les personnes déclarant une situation financière très difficile ou en situation de chômage partiel.

Face à une telle augmentation des détresses psychologiques, qu’en est-il des risques de suicides ?

Risques suicidaires

L’évaluation des risques suicidaires liés à la crise sanitaire a été menée par la Fondation Jean Jaurès et l’IFOP sur un échantillon de 2000 personnes du 21 au 28 septembre 2020 [4, 5. 6, 7]. Il apparaît que 20% des personnes interrogées ont envisagé sérieusement de se suicider en 2020, dont 11% durant la période de confinement et 17% depuis la fin du confinement.

La période post-confinement s’est donc accompagnée d’une augmentation des intentions suicidaires, contrairement à la période de confinement du printemps 2020. Cette constatation peut sembler contre-intuitive, mais, comme cela a pu être observé en temps de guerre, une menace extérieure (ici virale) concernant l’ensemble de la population tend à renforcer la volonté de survie et à éliminer les pensées suicidaires au profit de dynamiques de protections collectives. D’autre part, en empêchant les moments d’isolement nécessaires à la mise en place d’un suicide, la période de confinement a rendu plus difficile le passage à l’acte.

Les résultats de 2020 sont à comparer avec les précédentes grandes enquêtes menées sur le risque suicidaire par l’Union Nationale pour la Prévention du Suicide et la fondation Jean Jaurès en 2000, 2006 et 2016, montrant respectivement un taux de pensée suicidaire de 13%, 17% et 20%. Rappelons qu’en 2016, en France, le chômage de masse était à son maximum, suivi d’une baisse continue à partir de 2018. Le fait que l’année 2020 présente un taux d’intention suicidaire équivalent à celui de 2016 montre que l’après confinement est une période de fragilisation psycho-sociale conduisant à une aggravation des pensées suicidaires.

Encore plus inquiétant, l’étude montre, chez les personnes ayant des pensées suicidaires, une augmentation entre 2016 et 2020 des passages à l’acte conduisant à une hospitalisation (de 22% en 2016 à 27% en 2020), avec un taux maximum pour les personnes de moins de 35 ans (de 26% en 2016 à 33% en 2020). La gravité de risque suicidaire est donc à un niveau très préoccupant.

Les dirigeants d’entreprise (27%), les artisans-commerçants des secteurs hôtelier, de la restauration et du tourisme (25%) ainsi que les chômeurs (27%) présentent des taux d’intention suicidaire largement supérieurs aux autres secteurs d’activité. L’enquête montre que les petits entrepreneurs pourraient avoir une pratique suicidaire comparable à celle des agriculteurs, fortement touchés par ce fléau en France.

Et maintenant ?

Le second confinement n’a en commun avec le premier que le nom. Lorsqu’au printemps tout le monde était maintenu à son domicile (sauf exception), le second confinement maintien l’activité professionnelle (sauf exception), tout en imposant une cessation d’activité dans certains secteurs sans preuve évidente de leur responsabilité dans la propagation de l’épidémie. Il s’agit une nouvelle fois des artisans et commerçants des secteurs de l’hôtellerie, restauration, habillement, jouet, des activités culturelles et sportives. Ces mesures sont d’autant plus inquiétantes qu’il a été montré que ces personnes présentaient le plus fort taux de pensée suicidaire ainsi que de passage à l’acte.

Les études montrent que les répercussions suicidaires des crises surviennent plusieurs mois ou année après [9]. Ainsi, pour la crise de 1929, le taux de suicide a explosé aux USA en 1930 pour atteindre son pic en 1932, atteignant alors un taux de 21.3/100000. Ce délai ne permet donc pas de connaître actuellement les effets de la pandémie et des mesures sanitaires associées sur le risque suicidaire des Français. Plusieurs mois seront nécessaires pour analyser les données statistiques relatives au suicide depuis le mois de mars en France.

Le Japon, l’un des pays fournissant en temps réel les données liées au suicide, vient d’annoncer en octobre, un nombre plus important de personnes décédées par suicide (2153), que de personnes décédées du coronavirus sur tout 2020 (2087 au 30/11/20) [10]. Si rien n’est fait pour soutenir les populations vulnérables, le risque suicidaire pourrait également devenir extrêmement préoccupant dans les prochains mois en France.

 

A Retenir

  • Lors du premier confinement, l’apparition d’une détresse psychologique a été observée chez 33% des répondants dont 12% en état de détresse sévère.
  • Le confinement affecte plus fortement les populations déjà vulnérables et renforce les inégalités préexistantes.
  • Le maintien des activités de loisirs habituelles et la réduction du temps passé à consulter les réseaux sociaux sont des facteurs limitant l’apparition de détresse psychologique.
  • Fin novembre 22,6% de la population française a été diagnostiquée en dépression, soit 2 fois plus qu’en juillet.
  • 20% des personnes interrogées ont envisagé sérieusement de se suicider en 2020.
  • L’après confinement est une période de fragilisation psycho-sociale conduisant à une aggravation des pensées suicidaires.
  • Augmentation entre 2016 et 2020 des passages à l’acte conduisant à une hospitalisation
  • Les dirigeants d’entreprise, les artisans-commerçants des secteurs hôtelier, de la restauration et du tourisme, ainsi que les chômeurs, présentent des taux d’intention suicidaire maximum.
  • Plusieurs mois seront nécessaires pour analyser les données statistiques relatives au suicide depuis le mois de mars
  • Le Japon, comptabilise en octobre, un nombre plus important de personnes décédées par suicide, que de personnes décédées du coronavirus sur tout 2020.

 

Références

 

[1] https://www.lefigaro.fr/flash-actu/covid-19-plus-de-4-milliards-d-humains-appeles-a-se-confiner-20200407

[2] De Larochelambert Quentin, Marc Andy, Antero Juliana, Le Bourg Eric, Toussaint Jean-François, Covid-19 Mortality: A Matter of Vulnerability Among Nations Facing Limited Margins of Adaptation, Frontiers in Public Health, Vol(8), 2020, p 782 https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpubh.2020.604339/full

[3] https://www.irdes.fr/recherche/questions-d-economie-de-la-sante/249-les-inegalites-face-au-risque-de-detresse-psychologique-pendant-le-confinement-premiers-resultats-enquete-coclico.pdf

[4] https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2020/11/suicide-nbsp-l-autre-vague-a-venir-du-coronavirus-nbsp.pdf

[5] https://www.ifop.com/publication/les-francais-et-le-suicide-2/

[6] https://jean-jaures.org/nos-productions/suicide-l-autre-vague-a-venir-de-la-covid

[7] https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2020/11/117599-Rapport.pdf

[8] https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/bulletin-national/covid-19-point-epidemiologique-du-3-decembre-2020

[9] https://www.lapresse.ca/dossiers/crise-financiere/200812/25/01-813088-comme-en-1929-la-crise-economique-favorise-les-suicides.php

[10] https://edition.cnn.com/2020/11/28/asia/japan-suicide-women-covid-dst-intl-hnk/index.html

Table des matières

Introduction

Les symptômes relevés dans nos consultations

La maladie et la mort : un rapport terrorisé au corps et au vivant

De graves perturbations dans le vivre-ensemble et la socialisation

La survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements scolaires

Une condamnation de la tendresse et de l’empathie, un interdit implicite à l’altérité

Une entrave au développement psycho-affectif, relationnel, psychomoteur et des régressions dans les apprentissages

Une fragilisation majeure de l’autorité bienveillante/contenante et de la posture parentale

Une perte de repères structurants et des discours paradoxaux

Il est urgent de retrouver la raison…

Conclusion

Références complémentaires (non exhaustives)

Signataires

 

 

Introduction

 

Nous professionnels en psychologie, psychanalyse, pédiatrie et pédopsychiatrie entendons alerter sur les impacts traumatiques de la politique sanitaire actuelle sur les enfants.

 

Ce traumatisme provient plus généralement d’une effraction du monde des adultes dans le monde des enfants, les adultes étant traités par l’État comme des enfants, et les enfants comme des adultes auxquels l’on supprime la joie de vivre, les loisirs, la socialisation, la projection confiante dans les adultes et l’avenir, la tendresse et l’innocence.

 

Le discours adressé aux enfants par la politique sanitaire actuelle est un matraquage de peur, de méfiance, de culpabilité, de maladie et de mort. De plus, il s’agit d’un discours d’adultes mortifère qui ne s’adapte pas à l’âge des enfants, et face auquel les enfants reçus en consultation nous paraissent totalement désorientés.

 

 

Les symptômes relevés dans nos consultations

 

Des enfants de plus en plus nombreux surgissent en consultations, avec un tableau traumatique sans équivoque.

 

Énumérons quelques-uns des symptômes les plus fréquemment rencontrés :

Angoisse, troubles du sommeil, démotivation, retrait émotionnel, baisse d’énergie (liée au manque d’activités, à la surveillance continue, à l’inquiétude de mal faire), asthénie liée à la peur constante (peur de la maladie, peur de mal faire, peur d’enlever le masque, peur de contaminer autrui, peur d’être grondé, peur de l’autre etc.), sidération, anxiété chronique (due notamment à la consigne induite de ne pas tomber malade pour pouvoir rester à l’école), troubles psychosomatiques (qui perdurent de retour à la maison, par exemple : tics, problèmes de peau, troubles respiratoires et asthmatiques inédits pour des enfants ne présentant pas de symptômes antérieurs, bouffées de chaleur qui entravent le sommeil la nuit, migraines, dermatoses…). Le développement de traits hypocondriaques et des retours d’énurésie chez des enfants déjà grands (ex. : enfants de CM2 qui avaient acquis la propreté depuis longtemps) ont également été constatés.

 

L’on constate une extrême agitation entraînant des diagnostics en chaîne d’hyperactivité (alors même que les enfants n’ont pas d’espace pour jouer et se dépenser à l’école, que leurs activités sportives et culturelles ont diminué au profit d’un temps plus important passé sur les écrans), des régressions dans le langage, des confusions émotionnelles, psychiques et intellectuelles graves entraînant une régression dans les apprentissages, dans l’adaptation et le comportement en société, une diminution de l’altérité, de la coopération et de l’empathie, un repli sur soi, une perte de spontanéité, et des troubles de type dépressifs inquiétants conduisant à une augmentation des idées suicidaires.

 

Pour certains, l’école est vécue sur un mode désormais phobique[1].

 

Les troubles traumatiques se lisent en particulier dans le déploiement exponentiel de sentiments de honte, de tristesse et de culpabilité, ainsi que de symptômes dissociatifs, voire d’épisodes de déréalisation.

 

Les environnements familiaux et éducatifs ne parviennent plus à contenir les angoisses des enfants, tant la politique sanitaire actuelle est intrusive et violente à leur égard, et nous souhaitons en particulier argumenter sur les raisons d’un tel tableau clinique.

 

 

La maladie et la mort : un rapport terrorisé au corps et au vivant

 

Les enfants absorbent tous les jours par les médias et au sein de leurs établissements scolaires le conditionnement d’une peur permanente et latente de la mort.

 

Le corps est désormais investi principalement à travers la maladie. Il devient un ennemi persécuteur dès l’apparition du moindre symptôme, entraînant sentiment de culpabilité et rejet de l’enfant. De plus, le corps est traqué et investi par des lavages de mains incessants (voire compulsifs) avec du gel hydro alcoolique, ou le signalement du masque mal mis sur le visage.

 

Le corps de l’enfant est également maltraité dans certaines situations, par exemple des parents dénoncent des situations ubuesques où le recours au casier au collège et lycée est interdit, ainsi les enfants doivent porter des sacs jusqu’à 11 kg, et prendre des itinéraires contraignants et épuisants au sein de l’école pour rejoindre une salle de classe[2].

 

Dans cet article paru dans le Lancet Child & Adolescent health, les auteurs insistent sur l’impact tragique des mesures politiques d’isolement social sur les enfants et les adolescents[3]. Ils rappellent que les interactions sociales font partie des besoins humains de base, tout comme le besoin fondamental de manger ou dormir. Se sentir insuffisamment relié aux autres a des conséquences négatives profondes et durables sur la santé physique et mentale, et cela peut même aller jusqu’à induire plus de mortalité[4].

 

Certains protocoles de biosécurité obligent les enfants à se tenir sur une case, ce qui entrave le libre déploiement du mouvement nécessaire à un développement psychomoteur harmonieux, notamment dans les cours de récréation.

 

Le masque est vécu tant comme une marque de musèlement qu’un objet fétiche irrationnel qui éloignerait un ennemi invisible. Aussi dès que l’enfant retire son masque pour retrouver une vie normale, il peut vivre des éprouvés de terreur et de culpabilité. Nous avons des retours d’orthophonistes et de psychologues indiquant que les enfants ont tellement peur de se faire gronder ou encore de mourir s’ils le retirent, qu’ils sont désormais bloqués pour enlever le masque.

 

La réalité est que les enfants ont un besoin important de voir le visage des personnes qui s’occupent d’eux : lire les visages, les expressions, les mimiques, ce qui se traduit par le jeu universel des grimaces (tirer la langue, etc.) ; la lecture du visage permet à la fois un apprentissage des émotions sur le visage de l’autre, et un apprentissage de ses propres fonctions nécessaires au langage et à la communication.

 

Le 06 septembre 2020, les professeurs de pédiatrie Christèle Gras-Le Guen, vice-présidente de la société française de pédiatrie, et Régis Hankard, coordonnateur du réseau de recherche clinique pédiatrique Pedstart, sont formels : « la COVID-19 n’est pas une maladie qui concerne les enfants. (…) la Covid-19 n’est définitivement pas une maladie pédiatrique. »[5].Ils rajoutent : « L’idée qui se dégage de ces observations est qu’il ne faut surtout pas que les enfants fassent l’objet de mesures draconiennes, pénibles à vivre, qui pourraient bouleverser leur quotidien, alors que ce microbe ne les concerne que vraiment très peu. »

 

En dépit de ce constat médical, les plaintes des enfants quant au port du masque peuvent être banalisées, voire réprimandées, sous prétexte qu’il ne serait pas si terrible de porter un masque toute la journée (« les chirurgiens en portent bien eux ! »). D’où le message implicite qu’il n’est désormais plus permis aux enfants de se plaindre dans leur quotidien d’un quelconque désagrément ou mal-être physique et/ou psychologique.

 

De surcroît, sur un plan physiologique, l’on prive les enfants d’oxygène, ce qui aggrave tout ce que nous allons dire ensuite. Le port du masque en continu rend en effet la respiration difficile et accentue le ressenti d’angoisse[6]. Des médecins observent également une recrudescence de problèmes respiratoires de type bronchites asthmatiformes[7]. Le manque d’oxygénation du cerveau engendre des déficits de la concentration, de l’attention, de la mémoire, risquant de conduire davantage d’enfants en échecs scolaires, sans parler des répercussions sur leur immunité.

 

Le Dr Margarite Griesz-Brisson[8], docteur en médecine, neurologue consultante et neurophysiologiste, titulaire d’un doctorat en pharmacologie alerte sur la gravité d’un problème de saturation d’oxygène et de saturation en dioxyde de carbone : selon elle « pour les enfants et les adolescents, les masques sont un interdit absolu »[9] et ce, afin de permettre le développement du système immunitaire et le déploiement du cerveau.

 

 

De graves perturbations dans le vivre-ensemble et la socialisation

 

La peur et la terreur sont les maîtres mots de cette politique sanitaire, dans laquelle l’autre n’est plus un autre à apprivoiser, mais un ennemi potentiel duquel chacun doit se méfier en conservant des distances entravant tout apprentissage de la fraternité et de la solidarité.

 

Cette méfiance permanente est susceptible d’entraîner un sentiment de persécution qui, s’il vient se renforcer comme nous le constatons par des troubles dissociatifs ainsi qu’un déficit d’empathie, peut entraîner à termes des passages à l’acte auto-agressifs (conduites suicidaires) ou hétéro-agressifs (coups et blessures, conduites impulsives, dégradations), ainsi que des troubles de nature délirante (persécution).

 

Nous avons des retours d’enseignants, de parents et d’enfants concernant le développement de comportements désormais inadaptés dès l’école primaire (ex. : endormissements en classe, insolence face à une autorité dont les enfants ne reconnaissent plus la légitimité en raison de la violence subie, harcèlement entre élèves et passages à l’acte violents notamment à l’heure de la cantine).

La survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements scolaires

 

La politique sanitaire actuelle entraîne la survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements scolaires. Ces maltraitances sont de divers ordres : incitations à la délation des autres enfants ou encore des membres de sa propre famille, incitation des enseignants à la délation des enfants qui tiennent « des propos manifestement inacceptables »[10], isolement et rejet, stigmatisation, exclusion, mépris pour la vulnérabilité de certains enfants, présence des forces de l’ordre autour des établissements et parfois en leur sein, harcèlement.

 

Le traitement égalitaire d’enfants présentant une vulnérabilité rajoute une maltraitance doublée d’une discrimination, à une situation déjà difficile. Par exemple, les enfants présentant déjà des troubles du langage sont doublement affectés ; les enfants asthmatiques et/ou phobiques vivent une angoisse majorée et des conséquences psychosomatiques aggravées ; les enfants ayant des problèmes d’audition ne peuvent plus se raccrocher à l’expression faciale (l’expression du visage est l’un des 5 paramètres de la langue des signes. Sans ce paramètre, le signe perd sa valeur d’intensité et n’a plus le même sens) ; les enfants autistes présentent des difficultés accrues pour analyser les visages, ce qui aggrave le déficit social dont ils souffrent déjà. Tout l’accompagnement psycho-éducatif se voit ainsi complètement bouleversé ; le travail effectué jusque-là sur plusieurs mois (voire années) est anéanti (apprentissage des mimiques, des expressions faciales, décryptage des émotions). Chez certains adolescents autistes, la médiatisation mortifère renforce leur rigidité mentale, et amplifie les troubles anxieux déjà bien présents.

 

Christophe Leroy, docteur en biologie moléculaire et cellulaire, résume ainsi la gravité de la situation : « A l’âge où ils apprennent les émotions, la lecture, l’expression orale et écrite, le mouvement, l’équilibre, ils se retrouvent dans les cours de récréation muselés, parqués dans des cercles ou des carrés délimités, cloisonnés en intérieurs avec étouffoirs devant des enseignants miroirs. Maltraitance ? Sans aucun doute. Restent dominants la peur, l’angoisse, le stress et l’immobilisme qui semble la nouvelle ligne éditorialiste de ce gouvernement pour instruire et épanouir nos enfants. »[11]

 

L’autorité est vécue comme déshumanisée, robotisée, sous l’angle du contrôle, de la démesure, de la surveillance et de la punition, sans le pendant qui rend d’ordinaire seul acceptables les limites éducatives, à savoir la bienveillance, la tendresse et l’humanisation des rapports humains au travers des émotions. Et c’est sans compter sur l’intrusion de la police au sein des établissements scolaires, certains policiers étant postés armés à l’entrée des écoles et des collèges : quel conditionnement de terreur souhaite-t-on imprégner dans le psychisme des enfants ?

 

Voici par exemple le témoignage public d’une maman (de surcroît ancienne professeur de lettres classiques durant 16 ans) pour sa fille au collège, et qui reflète les témoignages que nous recevons ainsi que les déclarations des parents et des enfants en consultation :

« Les profs sont de plus en plus odieux, mis à part une minorité ; une prof a tout de même osé lui dire que ce n’était pas son masque qui l’empêchait de respirer, mais qu’elle ²avait un problème au cerveau², une autre l’a accusée d’être potentiellement responsable de la mort de sa famille, une autre prof saisit les copies avec une pince, pour les mettre en quarantaine dans un sac avant de les toucher…(…) L’infirmière du collège passe tous les 15 jours dans les classes pour rappeler aux élèves qu’ils peuvent tuer leurs grands-parents, et ne doivent pas faire de câlins en famille… »[12]

Cette mère relève différents actes de maltraitances à l’égard des enfants de la part du personnel enseignant, par exemple :

« Comment pouvez-vous tolérer qu’un élève se fasse exclure d’un cours parce qu’il a tenté à plusieurs reprises de respirer un peu en glissant le masque sous le nez ?

Comment pouvez-vous tolérer qu’un élève se fasse disputer et accuser de faire des histoires quand il se trouve avoir des vertiges à cause de l’hypoxie générée par le port du masque ? »[13]

 

Un autre exemple, parmi les nombreuses maltraitances qui semblent surgir au sein des établissements scolaires, de violence d’adultes envers les enfants et nous a été rapporté en témoignage direct est celui d’un professeur menaçant une élève de collège de lui faire un procès pour motif d’atteinte à la vie d’autrui, parce qu’elle avait enlevé son masque pour remettre un élastique de ses bagues d’orthodontie !

 

Ainsi, des adultes référents, censés rassurer et protéger les enfants, peuvent ainsi réagir de manière exacerbée, voire irrationnelle, perdant eux-mêmes leur discernement et leur propre sécurité de base.

 

 

Une condamnation de la tendresse et de l’empathie, un interdit implicite à l’altérité

 

La distanciation sociale et le port du masque obligatoires dans les établissements scolaires dès l’âge de 6 ans interdisent de fait le réconfort de l’enfant à l’école par la tendresse, laquelle devient un acte dangereux interdit et assimilé comme tel. La spontanéité des gestes est interdite, réprimée et punie. La tendresse même au sein de la famille est réprimandée dans la narration médiatique ; l’isolement social au sein des familles est encouragé, sous peine de chantage à la culpabilité : l’enfant est ainsi assimilé à un meurtrier s’il a embrassé spontanément ses grands-parents ![14]

 

La représentation de la maladie est en soi problématique, vue comme un ennemi étranger et invisible duquel on doit se protéger en s’éloignant d’autrui. Les enfants développent des angoisses en rapport à ce qu’ils touchent, et ce d’autant plus que le toucher est l’un des premiers sens mis à contribution dans la découverte du monde (rappelons que les bébés portent les objets à la bouche avant de les manipuler, pour découvrir le monde. Les enfants touchent le matériel, les jeux, les vêtements, et c’est un besoin primordial dans la constitution psychique du principe de réalité). Priver les enfants du toucher revient à les priver d’un accès sensoriel fondamental au monde qui les entoure, et est une grave maltraitance aux terribles conséquences.

 

L’accès aux émotions est rendu extrêmement problématique par le port du masque. Les enfants n’apprennent plus à lire correctement les émotions sur le visage de l’adulte, ce qui renforce des processus de perte des affects. Le retrait du masque chez les adultes entraîne de l’angoisse chez les enfants en bas âge, qui vivent dès lors le visage de l’adulte comme menaçant. L’autre est perçu comme un ennemi, ce qui grève lourdement le développement de l’altérité. Le rapport au corps, la perte d’accès à l’humanité ainsi que la confusion générale (cf. infra) entraînent des troubles du comportement et, pour certains enfants, une perte du sentiment de réalité de nature à engendrer également des troubles de nature psychotique.

Plus l’enfant est jeune, plus ce risque est aujourd’hui accru.

 

 

Une entrave au développement psycho-affectif, relationnel, psychomoteur et des régressions dans les apprentissages

 

A 6 ans, l’enfant n’a pas encore accédé au stade logique, et vit encore dans un monde fait de pensée magique. Son développement psycho-affectif et relationnel est aujourd’hui empêché (ex. : impossible de se rassurer par un sourire ou des expressions sur le visage de l’adulte autour).

 

Le psychologue du développement et universitaire américain Edward Tronick a démontré dans ses recherches (the « Still Face Experiment ») qu’un nourrisson est en recherche de partage constant avec sa mère, et qu’il se trouve en détresse psychique sérieuse face à l’absence d’interactions, ou encore l’inexpressivité d’un visage ou son impassibilité. Ceci a un impact direct grave sur son développement affectif et le lien d’attachement. L’enfant est sensible à trois éléments : les expressions faciales, les vocalisations et les postures corporelles. Le masque vient aujourd’hui entraver de fait ce que ce psychologue américain appelle les unités expressives fondamentales, c’est-à-dire la capacité pour l’enfant en bas âge de grandir sans épisodes de détresse face à l’inexpressivité du visage des adultes référents autour de lui. Le port du masque des personnes autour empêchant l’accès au sourire et aux traits du visage engendre de facto cette inexpressivité et compromet donc sérieusement le développement psychique des enfants en bas âge.

 

Dès l’âge de 4 à 6 semaines, les bébés esquissent des mouvements de lèvres et réagissent à leur environnement de cette façon pour lui montrer le plaisir qu’ils éprouvent d’interagir avec lui. Dispenser et voir un sourire a des effets positifs sur le bien-être, le développement et l’apprentissage[15]. Ce mécanisme trouve une explication au niveau neurologique depuis la découverte récente des « neurones miroir » ou neurones de l’empathie[16] permettant de se mettre à la place de l’autre et d’imiter ses comportements. Ces neurones seraient tout particulièrement sensibles au sourire.

 

Par la suppression du sourire derrière le masque s’effectue donc une neutralisation très importante de l’empathie chez l’adulte vis-à-vis de l’enfant mais aussi chez l’enfant vis-à-vis des adultes qui l’entourent. Cette empathie est nécessaire pour la prise de confiance dans les relations sociales et donc, en supprimant l’accès au sourire, le port du masque est très dommageable à l’épanouissement et au développement psycho-affectif des enfants.

 

La suppression du visage au travers des masques ainsi que les contraintes exercées sur les corps entraînent des régressions nettes dans le développement relationnel et intellectuel de l’enfant et une perte d’élan vital pour communiquer. Pour beaucoup d’enfants, la socialisation commence avec l’école, et la découverte des règles du vivre-ensemble, comme de l’autorité du maître. Quel est donc ce maître qui n’a pas d’identité, comment reconnaître son humeur, savoir s’il est gentil, ou humain ?

 

Il convient de noter que ce problème de reconnaissance concerne aussi les adultes, un maître d’école nous a témoigné qu’il confondait les mamans et avait rendu un enfant à une autre… Une psychologue a également confondu une maman avec une autre, en allant chercher l’enfant dans la salle d’attente. Ceci est un grave problème de protection des enfants, dont la sécurité est mise en danger.

 

Le langage est lié aux émotions, il existe un besoin de lire les expressions du visage, de la bouche et d’entendre de façon audible une voix et les émotions qui l’accompagne. Renoncer à cette forme de communication consistant à lire le langage et les signes sur le visage revient à renoncer à la communication non verbale et à ses subtilités, à l’ironie et à l’humour qui convoque les mimiques du visage, à l’analyse de la communication paradoxale… Quelle cohérence y a-t-il aujourd’hui avec le déploiement au sein des établissements de la langue des signes au nom de « l’inclusion » ?

 

De plus, couper l’accès à un organe de communication essentiel, diminue la réceptivité des autres.

 

Les enfants dépendent largement des expressions faciales pour comprendre et appréhender leur environnement : « Cacher la moitié inférieure du visage diminue la capacité à communiquer, interpréter et imiter les expressions de ceux avec lesquels nous sommes en contact. Les émotions positives deviennent moins reconnaissables et les émotions négatives sont amplifiées. Le mimétisme émotionnel, la contagion et l’émotivité en général sont réduits ainsi que les liens entre les enseignants et les étudiants, la cohésion de groupe et l’apprentissage – dont les émotions sont un moteur majeur. » [17]

 

Le développement de l’élocution est lourdement freiné, de même que celui de la lecture, lesquelles fonctionnent également par mimétisme des phonèmes sur le visage d’autrui.

 

Les professeurs témoignent des difficultés à se faire entendre au travers du masque, les enfants devenant plus agités en classe, n’ayant pas accès à une audibilité correcte dans les enseignements reçus.

 

Des régressions nettes de l’apprentissage scolaire de base (diction, audition, lecture) et des replis sur soi sont à craindre.

 

Dans de nombreuses maternelles, l’accès spontané aux jeux est interdit (crainte de contagion par les jouets), ce qui bloque le développement psychique et moteur des enfants en bas âge.

 

 

Une fragilisation majeure de l’autorité bienveillante/contenante et de la posture parentale

 

Le message dominant est fait d’angoisse sur l’avenir.

Les modèles sont des adultes tristes et obéissants, rendus vulnérables par l’incertitude sur la situation économique (ce qui fragilise par ricochet les enfants). La politique sanitaire actuelle fragilise en outre la posture parentale auprès des enfants, mettant les parents en situation d’enfants devant obéir, ce qui entraîne tout à la fois une impuissance parentale et une perte de repères pour les enfants[18].

 

Le pouvoir imaginaire et symbolique de l’autorité parentale est en chute libre, or rappelons-le, c’est d’abord l’autorité parentale qui rassure les enfants et leur permet de grandir dans un environnement affectif sécurisant pour eux.

 

Les parents manquent d’arguments, ne sont plus en mesure de promettre que « ça va finir », ne soutiennent pas forcément la narration médiatique dominante et monopolistique, et n’ont pas le temps de préparer les enfants face à la variabilité chronique des décisions politiques à « effet immédiat », annoncées brutalement.

 

Les parents sont donc mis dans l’impossibilité d’accompagner leurs enfants dans leurs représentations, de les guider et de les épargner. Ils sont à court d’arguments pour expliquer des situations que les enfants ne manquent pas de questionner avec leur bon sens.

 

 

 

Une perte de repères structurants et des discours paradoxaux

 

La situation entraîne une perte de repères vis-à-vis du monde adulte, vécu comme menaçant et incohérent. Par exemple, un enfant témoigne pour dire qu’il ne comprend pas pourquoi il peut aller en classe, mais ne peut plus jouer dans la rue avec ses copains comme avant.

 

Le paradoxe est également présent dans la collusion entre un discours mortifère d’adultes qui est adressé aux enfants, et des apprentissages à l’école de chansons fort surprenantes parlant d’un « virus extra-terrestre » ou guerrières, telles que « le covid on en viendra tous à bout », d’après les témoignages que nous recueillons.

 

Les précautions hygiénistes sont poussées à l’absurde : interdiction de se laver les mains dans certains établissements pour éviter de toucher au robinet, repli par groupes (interdiction de se mélanger entre classes lors de la récréation) etc.

 

L’école n’est plus le lieu de l’apprentissage de la socialisation, mais celui de l’apprentissage de la distanciation sociale. Elle n’est plus le lieu du vivre-ensemble mais celui du marquage de la méfiance de tous contre tous. Le lien social est très attaqué : les proches deviennent de potentiels ennemis, nous nageons dans les paradoxes éducatifs.

 

Les enfants vont-ils avoir envie de grandir pour appartenir au monde adulte tel que nous sommes en train de le leur présenter ? Ou vont-ils se déconnecter et se réfugier dans l’imaginaire en refusant de grandir, des sentiments de toute-puissance avec passages à l’acte, ou encore des idées délirantes avec déréalisation ? Sans compter l’augmentation du recours aux écrans, déjà bien problématique, ayant pour conséquences la fuite de la réalité et du lien social au sein même de l’espace familial.

 

Le paradoxe éducatif concerne également l’écologie, au regard de la contamination du milieu ambiant due au gel hydro-alcoolique, ainsi qu’aux déchets produits cette année (gants, masques etc.) à l’échelle de la planète, mais également le rapport à la nature : un virus est-il vraiment un ennemi extérieur à notre organisme qu’il faudrait combattre ? Doit-on réellement abattre des troupeaux entiers d’animaux porteurs d’un virus ou l’idée d’éradiquer un virus en tuant son porteur vivant relève-t-elle davantage d’une pensée primitive dangereuse de type psychotique ?

 

Les enfants sont aujourd’hui stigmatisés, alors que durant la première période de l’année 2020, ils étaient considérés comme inoffensifs. Le port du masque est vécu comme un geste arbitraire ; beaucoup se soumettent à des ordres vécus comme arbitraires pour « ne pas avoir de problème » sans comprendre le sens de ce qui leur est demandé. Dès qu’un enfant se gratte le nez, ou baisse son masque, il est contraint à l’isolement et/ou disputé.

 

Les enfants nagent enfin dans la confusion psychique face à des règles floues, changeantes, contradictoires, arbitraires et uniquement punitives. Ils se vivent comme « mauvais », puisqu’ils sont, selon les moments, punis de jeux collectifs, de cours de récréations ; les sorties scolaires peuvent être annulées, les toboggans fermés et quid de l’accès aux bibliothèques ?

 

 

 

Il est urgent de retrouver la raison…

 

Si l’on reprend ces éléments du point de vue de la thérapeutique, dans le cas qui nous intéresse il s’agit d’un traitement préventif, c’est ainsi que nous est présenté le port du masque par les enfants et leur distanciation en milieu scolaire, il y a lieu, comme pour tout traitement, y compris préventif, d’évaluer son rapport risques/bénéfices.

 

Rappelons tout d’abord quel est l’objectif direct cherché actuellement par ce traitement préventif (le « bénéfice ») : diminuer la circulation du virus SARS-Cov-2 (ou COVID-19 virus) dans la population scolaire et par conséquence dans la population générale, c’est-à-dire en pratique, le nombre de personnes contaminées. De la réussite de cet objectif dépendraient des objectifs secondaires comme la diminution du nombre de patients hospitalisés et surtout celui des formes graves admises en service de réanimation, ainsi que la mortalité due à cette maladie, un lien effectivement probable du point de vue épidémiologique, encore qu’un lien de temporalité (la diminution du nombre de malades symptomatiques après ces mesures) n’implique pas de lui-même un lien de causalité et qu’il faudrait étayer ce dernier par d’autres arguments dans une méthodologie adéquate.

 

Cet abord de la prévention en milieu scolaire (le port du masque et la distanciation sociale rebaptisée physique) ne l’envisage que d’un point de vue passif, une sorte de ligne Maginot contre le virus, sans que soient réellement prises en compte les capacités de défense propres à chaque individu, en dehors, et ceci de manière paradoxale, de celles, affaiblies, des personnes « fragiles ». Ce qui vient d’ailleurs confirmer l’évidence : les défenses immunitaires personnelles d’un être humain jouent un rôle majeur pour contrer le développement d’une maladie infectieuse. Les grandes difficultés de traitement curatif ou préventif des infections des patients souffrant de déficience immunitaire congénitale ou acquise en sont la preuve a contrario.

 

Il est généralement admis avec de fortes présomptions scientifiques à l’appui, tant historiques qu’actuelles, que de nombreux facteurs qui ont été développés auparavant dans cet article interviennent dans l’état des défenses immunitaires propres à chaque individu à un moment donné de sa vie, à côté de caractéristiques constitutionnelles initiales ou de maladies chroniques. C’est par exemple, et quel que soit l’âge, l’hygiène de vie (air respiré, lumière naturelle, espace vital, activité physique, cadre de vie, rythmes circadiens tels que veille-sommeil, activités scolaires ou professionnelles et leurs productions, etc., tous ces éléments étant fortement perturbés par la vie en confinement), l’alimentation et les conditions des repas, enfin et tout particulièrement l’importance de l’état de son humeur psychique. De nombreuses études ont montré qu’une humeur dépressive (a fortiori une dépression), de même qu’une anxiété chronique, diminuent les défenses immunitaires de celui qui en souffre. Les facteurs sociaux jouent un grand rôle dans ces états psychiques, et la cohésion du groupe ainsi que la qualité des relations affectives avec l’entourage sont des éléments importants dans leur prévention ou leur traitement. Pour les plus jeunes, qui ont moins de moyens de prise de distance émotionnelle que les adultes, le port du masque, la distance sociale et même le confinement vont à l’évidence, au regard des éléments développés plus haut, à l’encontre des éléments favorables au développement d’une bonne immunité personnelle.

 

Pour en revenir plus précisément au port du masque en milieu scolaire, que peut-on en attendre sur le plan de la contamination ? Sa seule véritable action est de limiter la quantité de postillons et autres particules émises par la bouche et le nez. Son but n’est pas de protéger de ces particules celui qui le porte mais l’espace proche qui l’entoure : le masque chirurgical protège le champ opératoire, pas le chirurgien. Dans le meilleur des cas le masque porté par les enfants ne peut que limiter en partie la contamination entre eux durant le temps scolaire. La distance physique imposée (qui devient ainsi de fait une distance sociale) peut effectivement augmenter cette limitation de la contamination, mais n’importe quel enfant de l’école primaire peut s’interroger et poser des questions à ses parents sur ce qu’il observe. Des questions comme : pourquoi dans les transports publics cette distance physique n’est-elle plus nécessaire depuis que le port du masque est obligatoire pour les adultes ? Ou bien : pourquoi les deux ne sont-ils obligatoires qu’à l’école ? La situation scolaire est-elle bien plus dangereuse que n’importe quelle autre de sa vie quotidienne (puisqu’en dehors de l’école, comme on peut le constater de visu, une partie des enfants continue de jouer et de parler normalement entre eux) ? Et si l’école est effectivement dangereuse pourquoi continue-t-on à l’y envoyer ? Que répondriez-vous à la place des parents ?

 

Comme aucune évaluation sérieuse de ces actions « anti-contamination-diffusion du virus » ne semble avoir été faite, ils sont bien en peine pour répondre à des questions qu’eux-mêmes se posent, ce qui nous renvoie à la baisse de la confiance des enfants dans le rôle protecteur parental exposée plus haut. Il en est de même dans les relations des enfants avec les adultes qui les enseignent, quand ne se sont pas installés des sentiments de défiance et de culpabilité bien plus toxiques tels que décrits supra dans cet article. Actuellement, le sentiment de culpabilité (et pas seulement de responsabilité pour plagier certaines anciennes réponses de « décideurs » lors d’affaires tragiques antérieures) est d’ailleurs assez général chez les enfants, sans qu’ils comprennent ce qu’ils ont pu faire de mal, surtout les plus jeunes, et il le reportent sur les messages culpabilisant de certains adultes : les petites incartades au port du masque, les jeux ou discussions entre eux, etc., qu’ils ne peuvent s’empêcher de faire, comme des enfants qu’ils sont. La mise en cause de leur responsabilité dans le risque mortel qu’ils feraient courir à leurs grands-parents ou autres personnes fragiles proches est particulièrement culpabilisante, alors que les données qui nous sont transmises sur ces voies de contamination par les enfants sont très parcellaires et contradictoires.

 

Au bout du compte cette diminution possible mais non vérifiée (ni humainement vérifiable) de la contamination entre enfants durant les heures scolaires est très probablement quantité négligeable dans la diffusion des vagues épidémiques actuelles de COVID 19. Les effets indésirables de cette prévention constatés lors de l’utilisation du port du masque et la distance entre enfants en milieu scolaire (et plus globalement, l’anxiété généralisée qui les accompagne), c’est-à-dire les « risques » du rapport « risques/bénéfices » sont donc bien présents et importants. Ils apparaissent ainsi prépondérants sur les « bénéfices », ce qui nécessiterait une réévaluation de ce rapport, un traitement, qu’il soit préventif ou curatif, ne pouvant être évalué que par son résultat clinique global et non sur celui d’une seule partie de ses effets. Cette réévaluation pourrait permettre un réexamen des mesures sanitaires en cours en milieu scolaire.

 

Un autre élément de prévention lors d’une épidémie, dont on entend parler fréquemment, est l’acquisition d’un taux suffisant de personnes immunisées au sein d’une population pour arrêter la propagation du virus en son sein et ainsi protéger également ceux qui n’ont pas encore été contaminés. En ce qui concerne ce nouveau virus, ce taux ne peut actuellement qu’être estimé en fonction des épidémies antérieures par d’autres virus plus ou moins proches de celui-ci. Quel qu’il soit, il ne semble pas atteint jusqu’à présent dans la plupart des populations mondiales, au vu de la pandémie en cours. Cette immunité de groupe ne peut être acquise que par un nombre suffisant d’individus immunisés après contamination par le virus circulant entre les membres de ce groupe. On comprend dans ce cas l’importance de l’immunité personnelle de chaque membre de ce groupe et de l’intérêt qu’elle soit la meilleure possible. La stratégie de limitation de la diffusion d’un virus ne peut que retarder l’acquisition d’une immunité collective plutôt que mettre fin à l’épidémie. Son intérêt est plutôt d’étaler l’évolution de celle-ci afin que les capacités de soins disponibles ne soient pas dépassées en cas de pic, ce que l’on peut comprendre.

 

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire des épidémies à transmission interhumaine que nous sommes confrontés à une telle situation et nous le sommes même encore actuellement pour d’autres agents infectieux que le COVID 19. Pour mémoire, citons en trois cas, dus à différentes sortes d’agents infectieux :

 

  1. Celui de la varicelle, due à un virus, qui sévissait sous forme d’épidémies à renforcements saisonniers. Celle-ci était très contagieuse dans la population enfantine, quasi exclusivement sous des formes peu symptomatiques ou relativement bénignes. Les formes graves, potentiellement mortelles, ne se voyaient que chez les enfants immunodéprimés (en cas de leucémie par exemple). La stratégie préventive consistait alors, dès qu’une épidémie de varicelle débutait, à protéger ces quelques malheureux enfants en les mettant au vert dans un milieu sans contact avec d’autres enfants, les grands-parents par exemple, avec scolarité à distance. Il n’était pas question de freiner la diffusion du virus mais au contraire de favoriser celle-ci dans l’entourage de l’enfant concerné, comme par exemple chez ses frères et sœurs, afin qu’ils constituent une barrière efficace pour son retour. Les enfants « boucliers » se sentaient ainsi valorisés par leur rôle après qu’on leur avait expliqué les raisons de l’éloignement de l’enfant malade.

 

  1. Autre maladie : la coqueluche, due à une bactérie. Pas si anodine que cela chez l’enfant, elle reste très dangereuse chez le nouveau-né. La stratégie actuelle est donc d’établir une barrière sanitaire autour de lui, en vérifiant l’état d’immunité de toutes les personnes qui vont être amenées à s’en occuper pendant ses premiers mois de vie.

 

  1. Troisième cas, celui de la toxoplasmose, qui est une parasitose. L’infection durant l’enfance passe le plus souvent inaperçue alors que pendant la grossesse elle aboutit fréquemment à des malformations graves, voire la mort du fœtus. Là encore la stratégie consiste à favoriser l’acquisition d’une immunité par l’absence de mesures empêchant la contamination spontanée par le toxoplasme à une période de la vie où elle est sans conséquence : l’enfance (sauf en cas de déficit immunitaire, bien évidemment), voire à la favoriser par le contact avec un des animaux transmettant le parasite et que les enfants adorent caresser : le chat.

 

Dans ces trois situations, la stratégie adoptée est celle d’une protection individuelle des personnes susceptibles de contracter une forme grave de la maladie, tout en favorisant l’acquisition d’une barrière immunitaire collective capable de les protéger en remplacement de cette protection individuelle qui ne peut être que provisoire pour de multiples raisons. Encore faut-il réduire le plus possible les effets indésirables de ces mesures provisoires et, lorsque c’est possible, demander aux personnes concernées leur avis sur ce qu’elles souhaitent (comme par exemple des grands-parents en institution par rapport au contact avec leurs petits-enfants pour l’épidémie actuelle). C’est sous cet angle que pourrait être considérée la protection des enseignants et autres professionnels de l’enfance, qui prennent probablement moins de risques avec les enfants qu’ils côtoient durant leur activité professionnelle, qu’en croisant sur le trottoir quelqu’un en plein effort de course à pied sans masque.

 

Pour résumer ces paragraphes, il est souhaitable de se demander si les mesures sanitaires actuelles concernant les enfants en milieux scolaire et autres ne relèvent pas d’un hygiénisme plus du registre de la phobie que de l’hygiène (et l’on commence à découvrir le rôle de la nosophobie des microbes dans les maladies allergiques) ainsi que d’un scientisme plutôt que d’une médecine clinique dans ses composantes somatique et psychologique.

 

Il est urgent de retrouver la raison et de formuler clairement les questions posées par cette épidémie si l’on veut avoir la possibilité d’y trouver des réponses adéquates à la situation qu’elle nous impose, sans avoir à l’aggraver par nos actions, comme le veut toute thérapeutique bien comprise.

 

 

Conclusion

 

Notre relevé clinique est très alarmant, et signale une politique sanitaire ne souffrant d’aucune contestation dans ses certitudes, mais qui semble très déconnectée du réel vécu et des troubles psychiques et physiologiques graves et sérieux qu’elle engendre sur la population en général, et les enfants en particulier.

 

« Maintenant on ne va plus à l’école pour travailler mais pour se faire gronder » est devenu un discours récurrent entendu dans nos consultations. Bientôt, tous les enfants seront traumatisés d’aller à l’école et ne souhaiteront plus grandir, puisqu’ils ressentent une hostilité franche à leur égard de la part du monde adulte. La souffrance psychique et les troubles associés chez les enfants sont par conséquent en pleine « explosion »[19].

 

L’enfance est aujourd’hui utilisée comme un champ expérimental hasardeux notamment de techniques manipulatoires institutionnalisées (cf. BVA nudge units supra), où la violence d’un monde adulte régi par l’angoisse focalisée sur la mort et la maladie fait effraction traumatique dans le monde de l’enfance, lui supprimant de façon totalitaire et abusive le droit à une autorité contenante, à une structure sécurisante favorisant les apprentissages, lui volant son innocence, sa joie de vivre et sa sérénité.

 

Il serait confortable de se reposer sur la capacité d’adaptation et de résilience des enfants face aux maltraitances, mais cela ne devrait en aucun cas nous permettre de faire l’économie d’un positionnement professionnel.

 

C’est pourquoi nous appelons les professionnels de l’enfance en particulier, et les adultes en général, à se manifester publiquement avec discernement, responsabilité et bienveillance, pour faire barrage à cette maltraitance systémique, aider à promouvoir une approche raisonnable et mesurée, et garantir ainsi la protection des enfants du peuple de France.

 

 

Références complémentaires (non exhaustives)

 

« Le droit de chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé », par Marianne Moliner-Dubost (maître de conférences)

Port du masque : le parcours du combattant d’un collégien asthmatique, décrivant les railleries et l’isolement subi par un collégien, vivant désormais un calvaire dans ses activités scolaires ; la mère ayant insisté pour la reprise des cours de l’enfant, a subi une garde à vue de 8 heures.

Témoignage : au collège, le droit à respirer de l’air pur est relégué aux toilettes

Masked education? The benefits and burdens of wearing face masks in schools during the current Corona pandemic, Trends Neurosci Educ. 2020 Sep.; 20, 11 août 2020

Le port obligatoire du masque pour les enfants, c’est de la maltraitance !, 21 Août 2020, par les docteurs G. Delépine, chirurgien oncologue et N. Delépine, pédiatre cancérologue.

 

 

Signataires

Laurence Rasmussen-Amigues, psychologue clinicienne

Karine Amistani, psychologue clinicienne

Ariane Bilheran, psychologue clinicienne et docteur en psychopathologie

Marie Claude Bonnetto, psycho-praticienne

Sandra Brot, psychologue clinicienne

Régis Brunod, pédiatre et pédopsychiatre

Valérie Chénard, psychologue sociale et du travail

Isabel Dousset, psychopédagogue

Catherine Frade psychologue et psychopathologue du travail, docteur en pharmacie, ancienne présidente de l’association EMDR France

Laetitia Guias, psychologue du travail

Marie-Laurence Hercenberg, psychologue clinicienne

Stéphanie Jacques, psychologue clinicienne

Amandine Lafargue, psychologue clinicienne, psychologue sociale et des organisations du travail, psychothérapeute et psychanalyste

Virginia Leclercq, psychanalyste

Laurence Leroy, psychologue clinicienne

Carole Mary, psycho-praticienne et infirmière

Yoanna Micoud, psychologue clinicienne

Consuelo Palacios, psychologue clinicienne

Gwenaëlle Persiaux, psychologue clinicienne

Amandine Potier, psychologue clinicienne

Marie-Catherine Thevenet, psychologue clinicienne et psychanalyste

Isabelle Torisi, psychanalyste

 

 

Cet article est proposé pour publication en première instance à France Soir ainsi qu’à Reinfocovid.

[1] Ces troubles de nature phobique sont à relever également chez des enseignants dans nos consultations, certains étant en arrêt de travail pour cela, d’autres souhaitant démissionner et ne se sentant plus en capacité de transmettre de façon sereine dans de telles conditions.

[2] https://www.facebook.com/watch/?v=317319673026731

[3] The effects of social deprivation on adolescent development and mental health, The Lancet Child & Adolescent Health, Volume 4, Issue 8, 1 Août 2020.

[4] Baumeister RF Leary MR. The need to belong: desire for interpersonal attachments as a fundamental human motivation.Psychol Bull. 1995 ; 117 : 497-529

Hawkley LC, Cacioppo JT. Loneliness matters: a theoretical and empirical review of consequences and mechanisms. Ann Behav Med. 2010; 40: 218-227

Mask mandates may affect a child’s emotional, intellectual development, Dr Mary Gillis, 23 Juillet 2020.

[5] https://up-magazine.info/le-vivant/sciences/65177-la-covid-19-nest-pas-une-maladie-qui-concerne-les-enfants/

[6] Chen Y, Zhou Z, Min W. Mitochondria, Oxidative Stress and Innate Immunity. Front Physiol 2018 ;9 :1487. Doi :10.3389/fphys.2018.01487

[7] https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/332448/WHO-2019-nCov-IPC_Masks-2020.4-fre.pdf

[8] https://www.londonneurology.com/dr-margareta-griesz-brisson

Founder and Medical Director of The London Neurology & Pain Clinic Ltd, Specialized Clinic exclusively on Physiology, Neurotoxicology and Primary Prevention Medicolegal Expert in the USA, UK, Germany, Switzerland, Norway. Ce manque d’oxygène dû au port du masque étant qualifié de « fake news », nous souhaitons rappeler que cela contredit les observations cliniques de bon sens et les retours faits notamment par les enfants et les sportifs. Demandons donc aux sportifs s’ils obtiennent les mêmes résultats en s’entraînant avec un masque ou non, et cela permettra de valider par l’expérience les bienfondés de ces assertions théoriques.

Bientôt, nous devrons également argumenter sur les raisons pour lesquelles il ne faut pas arroser les plantes avec du pétrole !

[9] http://www.francesoir.fr/societe-sante/les-gestes-barrieres-les-mains-oui-les-masques-vraiment-moins

[10] https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200512.OBS28723/une-fiche-invitant-a-signaler-les-propos-inacceptables-des-eleves-sur-le-covid-agace-les-profs.html

[11] https://unpeudairfrais.org/le-port-du-masque-a-nos-enfants-de-6-11-ans-est-il-justifie-reinfocovid/

[12] https://m.facebook.com/100000304937380/posts/3620330454653750/?d=n

[13] https://m.facebook.com/100000304937380/posts/3624932354193560/?d=n

[14] Le gouvernement s’est doté institutionnellement d’une unité d’experts en sciences comportementales (BVA nudge unit au cœur même de Matignon) pour la campagne gouvernementale. Le nudge signifiant coup de pouce en anglais est une théorie d’économie comportementale mise de Richard H. Thaler et par Cass R. Sustein (2008 « Nudge. La méthode douce pour inspirer la bonne décision »). Aussi appelé manipulation douce, le nudge exploite nos réflexes en les bousculant à l’aide de biais cognitifs tels que l’aversion à la perte, l’émotion, la réciprocité, l’effet de groupe, les comptes mentaux ou les émotions. Cet outil permet de modifier inconsciemment le comportement des gens pour parvenir à un comportement souhaité.

France culture a dédié une émission sur cette gestion manipulatrice de la crise sanitaire. Les enfants sont donc confrontés massivement au matraquage de ces messages de campagne de communication manipulant nos biais cognitifs pour condamner les gestes les plus élémentaires de tendresse et d’empathie. https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/le-nudge-et-le-comportementalisme

[15] https://www.caminteresse.fr/psychologie/le-sourire-un-langage-subtil-et-universel-11114950/

[16] https://sensoridys.fr/videos/les-neurones-miroirs/

[17] Mask mandates may affect a child’s emotional, intellectual development, Dr. Mary Gillis, 23 juillet 2020. Young children especially rely on facial expressions to understand situations.

[18] Nous renvoyons à l’article de Laurence Leroy, « Fragilisation de la position parentale dans l’exercice de son autorité et ²syndrome d’aliénation² ».

http://www.arianebilheran.com/post/fragilisation-de-la-position-parentale-dans-l-exercice-de-son-autorite-et-syndrome-d-alienation

[19] « Dans le nord-est de Paris, on constate un doublement des tentatives de suicide chez les mineurs de moins de 15 ans par rapport à l’année dernière (…). Depuis la rentrée de septembre, un enfant de moins de 15 ans arrive ainsi presque chaque jour aux urgences de Robert-Debré pour une tentative de suicide, contre environ un tous les trois jours un an avant ».

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/26/a-l-hopital-robert-debre-les-soignants-face-a-l-explosion-des-troubles-psychiques-chez-les-enfants_6061143_3244.html

Compte tenu de toutes les conséquences de l’article de Corman-Drosten [2]pour les sociétés du monde entier, ce test ayant été recommandé en l’état par l’OMS, un groupe de chercheurs indépendants a réalisé un examen point par point de ladite publication dans lequel 1) tous les éléments de la conception du test présenté ont été vérifiés par recoupement, 2) les recommandations du protocole RT-qPCR ont été évaluées par rapport aux bonnes pratiques de laboratoire et 3) les paramètres ont été examinés par rapport à la littérature scientifique pertinente couvrant le domaine.

Cet examen externe par les pairs du test RT-PCR révèle 10 failles scientifiques majeures au niveau moléculaire et méthodologique.

Le premier et principal problème est que le nouveau Coronavirus SARS-CoV-2 (dans la publication nommé 2019-nCoV et en février 2020 nommé SARS-CoV-2 par un consortium international d’experts en virus) est basé sur des séquences in silico (théoriques), fournies par un laboratoire Chinois, car à l’époque ni le matériel de contrôle du SARS-CoV-2 infectieux (« vivant ») ou inactivé ni l’ARN génomique isolé du virus n’étaient disponibles pour les auteurs. Ainsi, une conception reposant uniquement sur des parents génétiques proches ne remplit pas l’objectif d’un « test de diagnostic robuste » car la réactivité croisée et donc les résultats faussement positifs se produiront inévitablement. La validation n’a été effectuée qu’en ce qui concerne les séquences in silico (théoriques) et en laboratoire, et non comme cela est nécessaire pour les diagnostics in vitro avec de l’ARN viral génomique isolé. Ce fait n’a pas changé, même après 10 mois d’introduction du test dans les diagnostics de routine.

Il existe de nombreuses autres erreurs scientifiques graves concernant la conception biomoléculaire des amorces, la méthode PCR problématique et insuffisante, la validation moléculaire absente du test décrites dans le document de Corman-Drosten, qui sont examinées en détail. Cette analyse démontre qu’un grand nombre de résultats faux positifs sont générés par ce test, même dans des conditions de laboratoire contrôlées, ce qui le rend totalement inadapté en tant que méthode fiable de dépistage du virus pour des populations entières dans une pandémie en cours.

Ainsi, ni le test présenté ni le manuscrit lui-même ne remplissent les conditions d’une publication scientifique acceptable. En outre, de graves conflits d’intérêts des auteurs ne sont pas mentionnés. Enfin, le délai très court entre la soumission et l’acceptation de la publication (24 heures) signifie qu’un processus systématique d’examen par les pairs n’a pas été effectué pour cette publication, ou qu’il a été de mauvaise qualité.

Compte tenu des implications de grande envergure, notamment les mesures de quarantaine, les fermetures, les couvre-feux et les répercussions sur l’éducation, les auteurs de cette analyse demande que ce document soit immédiatement rétracté.

 

A Retenir

  • Le test inadapté en tant qu’outil de diagnostic spécifique pour identifier le virus SRAS-CoV-2
  • Le test ne peut pas faire la distinction entre le virus entier (infectieux) et les fragments viraux. Par conséquent, le test ne peut pas être utilisé pour faire des déductions sur la présence d’une infection.
  • Les preuves irréfutables présentée par les auteurs rendent le test PCR du SRAS-Cov-2 inutile.

 

Références

[1] https://cormandrostenreview.com/report/

[2] https://doi.org/10.2807/1560-7917.ES.2020.25.3.2000045

 

 

Idéalement, les deux objectifs d’un vaccin antiviral sont de réduire la probabilité que vous tombiez gravement malade et de prévenir l’infection afin d’interrompre la transmission de la maladie.

Les protocoles des essais cliniques des différents vaccins ont été rendus publics par les fabricants… et aucun des essais en cours n’est conçu pour répondre à ces deux objectifs !

En effet, aucun n’a été réalisé pour détecter une réduction significative des formes sévères de la covid-19 en comptabilisant les décès ou les admissions à l’hôpital ou aux soins intensifs. Plutôt que d’étudier l’incidence des cas graves de covid ils ont comme critère principal un test positif associé à des symptômes légers tels que la toux, la fièvre ou des douleurs musculaires !

La raison ? Les admissions à l’hôpital et les décès dus au covid-19 sont tout simplement trop rares dans la population étudiée pour qu’un vaccin efficace puisse démontrer des différences statistiquement significatives dans un essai comprenant 30 000 ou 40 000 personnes.

Le directeur de Moderna explique de plus que leur « étude ne démontrera pas la prévention de la transmission car pour cela, il faut faire deux prélèvements par semaine pendant très longtemps et cela devient intenable d’un point de vue opérationnel. Une étude de 30 000 [participants] est déjà une étude assez importante. Si vous demandez une étude de 300 000 participants, vous devez parler aux personnes qui le financent ».

Enfin les caractéristiques de bases des participants recrutés ne sont pas fournies, et il n’est pas certain que les personnes âgées, qui sont les plus à risque de développer des formes graves de covid, soient suffisamment représentées. On notera de plus que d’autres populations fragiles comme les enfants, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes sont exclues de la plupart des essais.

Ainsi, les vaccins sont testés sur des personnes à faible risque de contracter la covid-19 et même à risque plus faible d’en faire une forme grave – personnes non représentatives des populations prioritaires à la vaccination.

Les résultats des essais cliniques en cours semblent prometteurs de prime abord : Pfizer affirme avoir enregistré 170 cas de covid-19 (sur 44 000 volontaires), avec une répartition remarquable : 162 dans le groupe placebo contre 8 dans le groupe vaccin. Quant à Moderna, il affirme que 95 des 30 000 volontaires de son essai en cours ont contracté la covid-19 : 90 dans le groupe placebo contre 5 dans le groupe vaccin, ce qui conduit les deux sociétés à affirmer que l’efficacité du vaccin est d’environ 95 %.

Ces résultats correspondent à un moment relativement bref après la vaccination, et nous ne savons rien des performances du vaccin à 3, 6 ou 12 mois, de sorte qu’il est impossible de comparer ces chiffres d’efficacité avec ceux d’autres vaccins comme les vaccins antigrippaux (qui sont évalués sur une saison).

Concernant le suivi au long cours, celui-ci est probablement une chimère. En effet, si l’efficacité d’un vaccin est déclarée, il est possible que les milliers de volontaires ayant reçu un placebo se voient proposer le vaccin actif dans un soucis d’éthique, ce qui mettrait fin à la période de suivi randomisé. Une telle décision aurait des conséquences importantes sur notre compréhension des vaccins, rendant incertaines nos connaissances sur la capacité des vaccins à réduire le risque de maladie grave du covid-19 et empêchant de comparer les effets indésirables dans le groupe vacciné par rapport au groupe placebo

De plus, comme les réactions indésirables au vaccin sont elles-mêmes des symptômes de la covid-19 (douleurs musculaires et fièvre), et qu’on ne sait pas dans quelle mesure cette information a été révélée aux participants, voire s’il n’a pas été proposé de traitement anti-douleur et antipyrétique aux participants en cas d’apparition de ces signes, on peut se poser la question de savoir si les participants ayant reçu le vaccin n’ont pas été moins disposés à se présenter pour être testés et donc s’il n’y a pas eu de sous-estimation des cas de covid dans le groupe des personnes vaccinées !

 

A Retenir

  • L’efficacité des vaccins n’est étudiée que sur les formes très bégnine de la Covid-19
  • Une grande partie des personnes à risque de développer des formes graves de covid-19 n’ont pas été testées
  • Aucune donnée n’est recueillie pour savoir si les vaccins testés permettent de limiter la transmission de la maladie
  • Le calcul de l’efficacité vaccinale ne repose que sur 170 personnes pour Pfizer et 95 pour Moderna, et sur un délai très court (inférieur à 3 mois)
  • Les effets indésirables à long terme ne sont pas connus
  • Dans la population ayant reçue le placébo 99.3% des participants n’ont pas été infectés (162 positifs non vaccinés sur 22000 patients = 0.7% chez Pfizer et 90 positifs non vaccinés sur 15000 patients chez Moderna).

 

 

Références

[1] https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4037

[2] https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4058

[3] https://blogs.bmj.com/bmj/2020/11/26/peter-doshi-pfizer-and-modernas-95-effective-vaccines-lets-be-cautious-and-first-see-the-full-data/

 

 

 

 

 

 

Traduction des Articles

[1] https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4037

Les vaccins contre le covid-19 sauveront-ils des vies ?

Les études actuelles ne sont pas conçues nous le dire

Peter Doshi, le 21 octobre 2020

 

Le monde a tout misé sur les vaccins comme solution à la pandémie, mais les études ne visent pas à répondre aux questions comme nous pourrions le supposer. Rapport de Peter Doshi.

Alors que les études de phase III des vaccins covid-19 atteignent leurs objectifs de recrutement, les officiels ont essayé de nous rassurer. Le tsar américain du coronavirus Anthony Fauci, et les dirigeants de la Food and Drug Administration ont assuré au public que les procédures établies seraient suivies. Seul un vaccin « sûr et efficace » sera approuvé, disent-ils, et neuf fabricants de vaccins ont publié une rare déclaration commune dans laquelle ils s’engagent à ne pas demander prématurément un examen réglementaire.

Mais que signifiera exactement le fait qu’un vaccin soit déclaré « efficace » ? Pour le public, cela semble assez évident. « Le but premier d’un vaccin covid-19 est d’empêcher les gens de devenir très malades et de mourir », a déclaré sans ambages une émission de la radio publique nationale.

Peter Hotez, doyen de l’École nationale de médecine tropicale au Baylor College of Medicine de Houston, a déclaré : « Idéalement, un vaccin antiviral doit avoir deux objectifs : premièrement, réduire la probabilité que vous tombiez gravement malade et que vous alliez à l’hôpital, et deuxièmement, prévenir l’infection et donc interrompre la transmission de la maladie ».

Pourtant, les études de phase III actuels ne sont pas vraiment mises en place pour prouver l’un ou l’autre de ces objectifs (tableau 1). Aucune des études actuelles en cours n’est conçue pour détecter une réduction d’un quelconque résultat grave tel que les admissions à l’hôpital, le recours aux soins intensifs ou les décès. Les vaccins ne sont pas non plus étudiés pour déterminer s’ils peuvent interrompre la transmission du virus.

Évaluer une maladie légère, mais non grave

Dans une interview réalisée en septembre, le rédacteur en chef de Medscape, Eric Topol, a réfléchi à ce qui constitue l’évènement enregistré dans les études de vaccins. « Nous ne parlons pas seulement d’une infection bénigne positive au test PCR [réaction en chaîne de la polymérase]. Il faut qu’il s’agisse d’une maladie modérée à grave pour qu’elle soit considérée comme un évènement, a-t-il demandé.

« C’est exact », a convenu son invité, Paul Offit, un vaccinologue qui siège au comité consultatif de la FDA qui pourrait à terme recommander les vaccins pour une autorisation ou un permis d’utilisation d’urgence.

Mais ce n’est pas vrai. Dans toutes les études de phase III en cours dont les détails ont été publiés, le critère principal recherché est l’infection confirmée en laboratoire, même si elle n’est associée qu’à des symptômes bénins. Dans les études de Pfizer et de Moderna, par exemple, si le critère d’évaluation principal incluait les personnes présentant une simple toux et un test positif cela permettrait d’achever plus vite les études à un évènement. (Si l’étude en cours d’Astra Zeneca au Royaume-Uni est conçue de manière similaire à l’étude américaine « en pause » pour lequel la société a publié des détails, une toux associée à de la fièvre et un test PCR positif serait un critère suffisant).

Une explication réside dans les chiffres. Une maladie grave nécessitant une hospitalisation ne survient que dans une petite fraction des cas symptomatiques de covid-19, ce qui ne produirait probablement pas de valeur significative dans les études. Les données publiées fin avril par les Centres de Prévention et de Contrôle des Maladies américains font état d’un taux d’hospitalisation des cas symptomatiques de 3,4 % dans l’ensemble, variant de 1,7 % chez les 0-49 ans et 4,5 % chez les 50-64 ans à 7,4 % chez les 65 ans et plus. Comme la plupart des personnes atteintes de covid-19 symptomatiques ne présentent que des symptômes légers, même les études portant sur 30 000 patients ou plus n’aboutiraient qu’à un nombre relativement faible de cas de maladie grave.

Dans les études, des analyses d’efficacité finales sont prévues après seulement 150 à 160  » évènements », c’est-à-dire une indication positive de covid-19 symptomatique, quelle que soit la gravité de la maladie.

Pourtant, jusqu’à ce que les fabricants de vaccins commencent à publier leurs protocoles d’étude à la mi-septembre, les registres des études et les autres informations publiées n’ont guère contribué à dissiper l’idée que c’est le covid-19 grave que les études évaluaient. Moderna, par exemple, a qualifié les admissions à l’hôpital de « critère d’évaluation secondaire » dans ses déclarations aux médias. Et un communiqué de presse des Instituts Nationaux de la Santé américains a renforcé cette impression, déclarant que l’étude de Moderna « vise à étudier si le vaccin peut prévenir le covid-19 grave » et « cherche à répondre à la question de savoir si le vaccin peut prévenir la mort causée par le covid-19 ».

Mais Tal Zaks, médecin en chef de Moderna, a déclaré au BMJ que leur étude n’avait pas la puissance statistique adéquate pour évaluer ces résultats. « L’étude n’est pas en mesure de juger [les admissions à l’hôpital], considérant la taille et durée raisonnables pour servir le bien public », a-t-il déclaré.

Les admissions à l’hôpital et les décès dus au covid-19 sont tout simplement trop rares dans la population étudiée pour qu’un vaccin efficace puisse démontrer des différences statistiquement significatives dans un étude de 30000 personnes. Il en va de même pour sa capacité à sauver des vies ou à prévenir la transmission : les études ne sont pas conçues pour le savoir.

Zaks a déclaré : « Aimerais-je savoir que cela permet d’éviter la mortalité ? Bien sûr, parce que je crois que c’est le cas. Je pense juste que ce n’est pas faisable dans le temps [de l’étude] – trop de gens mourraient en attendant les résultats avant que nous ne le sachions ».

Arrêter la transmission

Qu’en est-il du deuxième critère de Hotez, l’interruption de la transmission du virus, qui, selon certains experts, devrait être le test le plus important dans les études de phase III ?

« Notre étude ne démontrera pas la prévention de la transmission », a déclaré Zaks, « car pour ce faire, il faut prélever des échantillons sur des personnes deux fois par semaine pendant de très longues périodes, ce qui devient intenable sur le plan opérationnel ».

Il a insisté à plusieurs reprises sur ces « réalités opérationnelles » de la conduite d’une étude de vaccin. « Chaque conception d’étude, en particulier la phase III, est toujours un exercice d’équilibre entre différents besoins », a-t-il déclaré. « Si vous voulez obtenir une réponse sur un critère d’évaluation qui se produit à une fréquence égale à un dixième ou un cinquième de la fréquence du critère d’évaluation principal, il vous faut une étude 5 ou 10 fois plus importante ou une étude 5 ou 10 fois plus longue pour recueillir ces évènements. Ni l’une ni l’autre, je pense, ne sont acceptables dans le besoin actuel du public de savoir rapidement qu’un vaccin fonctionne ».

Zaks a ajouté : « Une étude de 30 000 [participants] est déjà une étude assez importante. Si vous demandez une étude de 300 000 participants, vous devez parler aux personnes qui le financent, parce que maintenant, il ne s’agit pas d’une étude de 500 millions à 1 milliard de dollars, mais d’une étude dix fois plus importante. Et je pense que les fonds publics et les capacités opérationnelles dont nous disposons sont dépensés à juste titre, non pas pour tout miser sur un seul vaccin, mais, comme l’opération Warp Speed [le plan de vaccination covid-19 du gouvernement américain] essaie de faire, pour s’assurer que nous finançons plusieurs vaccins en parallèle ».

Débat sur les critères d’évaluation

Néanmoins, il est juste de dire que la plupart des gens pensent que le but des études actuelles, en plus de tester la sécurité (encadré 1), est de voir si le vaccin peut prévenir les cas graves. « Comment concilier cela ? » a demandé le BMJ à Zaks.

Encadré 1 : Sécurité et effets secondaires

L’histoire montre de nombreux exemples d’effets indésirables graves de vaccins mis sur le marché dans des périodes de pression et d’attente énormes. Il y a eu des vaccins antipolio contaminés en 1955, des cas de syndrome de Guillain-Barré chez des receveurs de vaccins anti-grippe en 1976, et des cas de narcolepsie liés à une marque de vaccin anti-grippe en 2009. « La découverte d’effets indésirables rares et graves nécessitera l’étude de dizaines de milliers de patients, mais cette exigence ne sera pas satisfaite par l’adoption rapide d’un produit qui n’a pas terminé son évaluation d’étude complète », ont récemment écrit dans le JAMA les chercheurs de Harvard spécialisés dans la politique des médicaments, Jerry Avorn et Aaron Kesselheim.

Les études de vaccins contre le covid-19 sont actuellement conçues pour présenter les résultats finaux d’efficacité une fois que 150 à 160 participants aux études ont développé un covid-19 symptomatique – et la plupart des études permettent au moins une analyse intermédiaire permettant de terminer les études avec encore moins de données accumulées.

Eric Topol, de Medscape, a critiqué avec véhémence les nombreuses analyses intermédiaires des études. « Ces chiffres semblent totalement en dehors de ce que l’on pourrait considérer comme des règles d’arrêt », dit-il. « Il s’agit d’administrer un vaccin à des dizaines de millions de personnes dans le cadre de l’un de ces programmes ». Et vous allez baser cela sur 100 évènements ?  »

Une grande incertitude subsiste quant à la durée pendant laquelle une étude randomisée d’un vaccin pourra se dérouler. Si l’efficacité est déclarée, il est possible que les milliers de volontaires ayant reçu un placebo salin se voient proposer le vaccin actif, ce qui mettrait fin à la période de suivi randomisé. Une telle décision aurait des conséquences importantes sur notre compréhension des avantages et des inconvénients des vaccins, ce qui rendrait incertaines nos connaissances sur la capacité des vaccins à réduire le risque de maladie grave du covid-19 et empêcherait de comparer les effets indésirables dans le groupe expérimental par rapport au groupe placebo.

« Ce sera une décision que nous devrons prendre à ce moment-là. Nous ne nous sommes pas engagés d’une manière ou d’une autre », a déclaré Tal Zaks, de Moderna, au BMJ. « Ce sera une décision à laquelle la FDA et le NIH devront également participer. Et ce sera probablement une décision très difficile, car vous devrez peser le bienfait pour le public de continuer à comprendre la sécurité à long terme en maintenant les gens sous placebo et l’attente des personnes qui ont reçu le placebo d’être vaccinées maintenant que son efficacité a été prouvée ».

« Très simplement », a-t-il répondu. « Tout d’abord, nous avons un mauvais résultat comme critère d’évaluation. Il s’agit de la maladie covid-19 ». Moderna, comme Pfizer et Janssen, a conçu son étude pour détecter une réduction du risque relatif d’au moins 30% chez les participants développant le covid-19 confirmé en laboratoire, conformément à la FDA et aux directives internationales.

Deuxièmement, M. Zaks a évoqué les vaccins contre la grippe, affirmant qu’ils protègent mieux contre les maladies graves que les maladies bénignes. Pour Moderna, c’est la même chose pour le covid-19 : s’il est démontré que son vaccin réduit le covid-19 symptomatique, il sera convaincu qu’il protège également contre les conséquences graves.

Mais la vérité est que la science est loin d’être claire, même pour les vaccins antigrippaux utilisés depuis des décennies. Bien que des études randomisées aient montré un effet sur la réduction du risque de grippe symptomatique, de telles études n’ont jamais été menées chez les personnes âgées vivant dans la communauté pour voir s’ils permettent de sauver des vies.

Seules deux études contrôlées par placebo ont été réalisées dans cette population, et aucune n’a été conçue pour détecter une quelconque différence dans les admissions à l’hôpital ou les décès. De plus, l’augmentation spectaculaire de l’utilisation des vaccins antigrippaux n’a pas été associée à une baisse de la mortalité (encadré 2).

Encadré 2 : Ne pas inscrire suffisamment de personnes âgées ou de minorités

Un vaccin dont il a été prouvé qu’il réduit le risque de maladie symptomatique dans une certaine proportion devrait, pourrait-on penser, réduire dans la même proportion les conséquences graves telles que les admissions à l’hôpital et les décès.

Peter Marks, un responsable de la FDA chargé de l’approbation des vaccins, en a récemment dit autant de la vaccination contre la grippe, qui « ne prévient la grippe que chez environ la moitié des personnes qui la contractent ». Et pourtant, c’est très important, car cela signifie qu’il y a deux fois moins de décès liés à la grippe chaque année.  »

Mais lorsque les vaccins ne sont pas aussi efficaces dans toutes les populations, la théorie s’effondre.

Si les personnes âgées fragiles, dont on sait qu’elles meurent en nombre disproportionné à la fois de la grippe et du covid-19, ne sont pas inscrites en nombre suffisant dans les études de vaccins pour déterminer si le nombre de cas est réduit dans ce groupe, il n’y a guère de raisons de supposer qu’il y ait un quelconque avantage en termes d’hospitalisations ou de mortalité. Quelle que soit la réduction du nombre de cas observée dans l’ensemble de la population étudiée (dont la plupart peuvent être des adultes en bonne santé), ce bénéfice peut ne pas s’appliquer à la sous-population des personnes âgées fragiles, et peu de vies peuvent être sauvées. Cela est difficile à évaluer dans les études actuelles, car il existe de grandes différences dans les types de personnes qui sont recrutées dans les études de phase III (tableau 1). Malgré le recrutement de dizaines de milliers de personnes, seules deux études recrutent des enfants de moins de 18 ans. Toutes excluent les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes ou allaitantes, et bien que les études recrutent des personnes âgées, peu ou peut-être aucune des études ne semble conçue pour répondre de manière concluante à la question de savoir s’il y a un bénéfice dans cette population, malgré leur vulnérabilité évidente au covid-19.

« Les adultes de plus de 65 ans constitueront un sous-groupe important que nous examinerons », a déclaré M. Zaks, de Moderna, au BMJ. « Cela dit… toute étude donnée est conçue pour son objectif principal, dans notre cas, la covid-19, quel que soit l’âge.

Al Sommer, doyen émérite de l’école de santé publique Johns Hopkins, a déclaré au BMJ : « S’ils n’ont pas fait la preuve de l’efficacité de ces études chez les personnes âgées, je trouverais que c’est une lacune importante et regrettable. » Il a souligné la nécessité de « mener des études de suivi innovantes qui nous permettront de mieux déterminer le niveau de protection directe qu’offre l’immunisation aux jeunes et, séparément, aux personnes âgées, en plus de ceux qui sont le plus exposés à une maladie grave et à l’hospitalisation ».

Un point de vue est que les données des études devraient être disponibles pour toutes les populations cibles. « Si nous n’avons pas de données adéquates sur le groupe des plus de 65 ans, alors les personnes de plus de 65 ans ne devraient pas recevoir ce vaccin, ce qui serait dommage, car ce sont elles qui risquent le plus de mourir de cette infection », a déclaré le vaccinologue Paul Offit. « Nous devons générer ces données », a-t-il déclaré. « Je ne vois pas comment quelqu’un – le Data and Safety Monitoring Board ou le Comité consultatif sur les vaccins de la FDA, ou encore les décideurs de la FDA – pourrait permettre qu’un vaccin soit recommandé pour ce groupe sans disposer de données adéquates ».

« Je ressens la même chose pour les minorités », a ajouté M. Offit. « Vous ne pouvez pas convaincre les populations minoritaires de se faire vacciner si elles ne sont pas représentées dans ces études. Sinon, elles vont se sentir comme des cobayes, et c’est compréhensible ».

Conflits d’intérêts : J’ai co-écrit un article d’opinion sur ce sujet avec Eric Topol, qui est cité dans cet article. J’ai poursuivi la diffusion publique des protocoles d’études de vaccins, et j’ai cosigné une lettre ouverte à la FDA demandant l’indépendance et la transparence dans la prise de décision relative au vaccin covid-19.

[2] https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4058

Publication des protocoles d’étude du vaccin Covid-19

Une occasion rare de soumettre ces études clés à l’examen du public

Peter Doshi le 21 octobre 2020

 

Les études de phase III en cours pour les vaccins covid-19 sont parmi les études randomisées les plus conséquentes jamais réalisées. En septembre, après des mois de campagne pour une plus grande ouverture, quatre fabricants ont rendu publics leurs protocoles d’étude complets. Ces publications créent une rare occasion de « transparence en temps réel », dans laquelle la conduite des études cliniques est ouverte à l’examen du public alors que les études sont encore en cours.

Quels que soient les résultats obtenus, la publication de ces protocoles, qui comptent chacun plus de 110 pages et sont beaucoup plus détaillés qu’auparavant, permet un processus d’étude plus scientifique, plus délibératif et plus ouvert. Bien que la transparence des protocoles ne soit pas nouvelle – et qu’elle soit déjà courante pour les études à haut impact – la transparence en temps réel est une évolution importante et une grande victoire pour la confiance du public.

Nous n’aimons peut-être pas ce que nous lisons, mais le partage en temps réel de protocoles complets ouvre un espace sans précédent pour traduire la critique en action afin d’améliorer la conception des études en cours de route. Et il y a beaucoup à critiquer.

La première question est de savoir si les bons paramètres sont étudiés. Contrairement aux hypothèses dominantes (y compris celles d’un ancien commissaire de la FDA), aucune des études de vaccins n’est conçue pour détecter une réduction significative des admissions à l’hôpital, des admissions aux soins intensifs ou des décès. Plutôt que d’étudier des maladies graves, ces méga-études fixent tous comme critère d’évaluation principal un covid-19 symptomatique d’une gravité essentiellement quelconque : un résultat positif en laboratoire plus des symptômes légers tels que la toux et la fièvre comptent comme des évènements finaux (tableau 1). Ces études semblent conçues pour répondre à la question la plus facile en un minimum de temps, et non aux questions les plus pertinentes sur le plan clinique.

Nous ne devrions pas être surpris. Non seulement les autorités de réglementation sont d’accord avec ces paramètres, mais elles ont pré-spécifié le critère de « réussite » comme étant une efficacité de 50 % par rapport au critère d’évaluation principal (avec un intervalle de confiance qui inclut une efficacité aussi faible que 30 %). Étant donné qu’il s’agit de réductions de risques relatifs, il sera important d’évaluer la réduction de risque absolue une fois les résultats obtenus, en particulier pour évaluer les profils avantages-risques dans les populations en bonne santé.

 

Conçues pour être rapides

La deuxième question est de savoir si les études recrutent des personnes à haut risque. Les protocoles de l’étude suggèrent cette intention, mais les calculs de la taille de l’échantillon étaient apparemment basés sur l’attente de taux d’événements très faibles dans le bras de contrôle – environ 1% par an pour certaines études. Si ces prévisions sont exactes, 99% des participants recevant un placebo ne développeront pas de covid-19 symptomatique au cours de l’année suivante, ce qui conduit à des estimations importantes du « nombre nécessaire de traitements pour en tirer profit ».

Il s’agissait probablement d’estimations de planification prudentes qui justifient des études plus importantes capables de fournir rapidement des résultats d’efficacité. L’accent mis sur la rapidité correspond aux analyses « dirigées par l’évènement » avec à peu près 150 évènements, de nombreuses analyses intermédiaires étant spécifiées encore plus tôt.

Mais les hypothèses de faible taux d’évènements donnent l’impression que les vaccins sont testés sur des personnes à faible risque de contracter le covid-19 – et même à faible risque de maladie grave – qui peuvent ne pas être représentatives des populations prioritaires pour recevoir un vaccin approuvé. Les fabricants devraient être encouragés à fournir des données en temps réel sur les caractéristiques de base des participants recrutés.

Soixante ans après que la vaccination contre la grippe soit devenue systématiquement recommandée pour les personnes âgées de 65 ans ou plus aux États-Unis, nous ne savons toujours pas si la vaccination fait baisser la mortalité. Des études randomisées avec ce résultat n’ont jamais été réalisées. On peut citer des études d’observation avec des résultats dans les deux sens, et sans preuve randomisée définitive, le débat se poursuivra. Si nous n’agissons pas maintenant, nous risquons de répéter ce triste état de choses avec les vaccins covid-19.

Les yeux sur le pont

Les protocoles du vaccin covid-19 devraient être examinés par le plus grand nombre de lecteurs possible, afin d’ouvrir un débat critique sur de nombreuses questions concernant leur conception et leur conduite. Il s’agit notamment de savoir pourquoi les enfants, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes ont été exclus de la plupart des études, si le bon critère d’évaluation principal a été choisi, si la sécurité est correctement évaluée et si les lacunes dans notre compréhension des implications cliniques des réponses préexistantes des cellules T au CoV-2 du SRAS sont comblées.

Nous avons encore le temps de plaider pour des changements afin de garantir que ces études étudient les questions qui ont le plus besoin de réponses. Si l’idée de « déplacer les poteaux de but » pendant les études en cours peut susciter des inquiétudes, il faut toujours accueillir favorablement les modifications significatives, scientifiquement valables et communiquées de manière transparente, apportées aux protocoles pour améliorer la valeur des résultats des études.

L’évaluation critique des preuves cliniques se fait traditionnellement après la publication des études, et trouve généralement matière à critique. La publication précoce des protocoles d’étude complets offre une opportunité historique de démocratisation de la science. Les études du vaccin covid-19 n’ont peut-être pas été conçues avec notre contribution, mais il n’est pas trop tard pour avoir notre mot à dire et ajuster leur déroulement. Les enjeux étant aussi importants, nous devons avoir tous les yeux sur le pont.

Conflits d’intérêt : J’ai lu et compris la politique du BMJ en matière de déclaration d’intérêts et je déclare avoir fait campagne pour une plus grande transparence des données des études cliniques des produits covid-19.

 

[3] https://blogs.bmj.com/bmj/2020/11/26/peter-doshi-pfizer-and-modernas-95-effective-vaccines-lets-be-cautious-and-first-see-the-full-data/

Les vaccins « efficaces à 95% » de Pfizer et Moderna – soyons prudents et voyons d’abord les données complètes

Peter Doshi : 26 novembre 2020

 

Seules une transparence totale et un examen rigoureux des données permettront de prendre des décisions en connaissance de cause, estime Peter Doshi

Aux États-Unis, tous les yeux sont tournés vers Pfizer et Moderna. Les résultats de leurs essais expérimentaux sur le vaccin covid-19 sont stupéfiants à première vue. Pfizer affirme avoir enregistré 170 cas de covid-19 (sur 44 000 volontaires), avec une répartition remarquable : 162 dans le groupe placebo contre 8 dans le groupe vaccin. Quant à Moderna, il affirme que 95 des 30 000 volontaires de son essai en cours ont reçu le covid-19 : 90 dans le groupe placebo contre 5 dans le groupe vaccin, ce qui conduit les deux sociétés à affirmer que l’efficacité du vaccin est d’environ 95 %.

Mettons les choses en perspective. Tout d’abord, une réduction du risque relatif est signalée, et non une réduction du risque absolu, qui semble être inférieure à 1 %. Deuxièmement, ces résultats se réfèrent au critère principal des essais, à savoir un covid-19 d’une gravité essentiellement quelconque, et surtout pas à la capacité du vaccin à sauver des vies, ni à la capacité de prévenir l’infection, ni à l’efficacité dans des sous-groupes importants (par exemple les personnes âgées fragiles). Ces points restent encore inconnus. Troisièmement, ces résultats correspondent à un moment relativement peu de temps après la vaccination, et nous ne savons rien des performances du vaccin à 3, 6 ou 12 mois, de sorte qu’il est impossible de comparer ces chiffres d’efficacité avec ceux d’autres vaccins comme les vaccins antigrippaux (qui sont évalués sur une saison). Quatrièmement, les enfants, les adolescents et les personnes immunodéprimées ont été largement exclus des essais, de sorte que nous ne disposons toujours pas de données sur ces populations importantes.

J’ai déjà fait valoir que les essais étudient le mauvais paramètre, et qu’il est urgent de corriger le tir et d’étudier des paramètres plus importants comme la prévention des maladies graves et la transmission chez les personnes à haut risque. Pourtant, malgré l’existence de mécanismes réglementaires permettant de garantir l’accès aux vaccins tout en maintenant la barre d’autorisation élevée (ce qui permettrait aux essais contrôlés par placebo de se poursuivre suffisamment longtemps pour répondre à la question importante), il est difficile d’éviter l’impression que les promoteurs crient victoire et terminent leurs essais (Pfizer a déjà envoyé aux participants aux essais une lettre discutant du « passage » du placebo au vaccin), et la FDA va maintenant subir une pression énorme pour autoriser rapidement les vaccins.

Mais alors que la conversation s’oriente vers la distribution des vaccins, ne perdons pas de vue les preuves. Un examen indépendant des données des essais sous-jacents renforcera la confiance et la crédibilité des résultats. Il pourrait également y avoir des limites importantes aux résultats des essais dont nous devons être conscients.

Nous devons avant tout avoir l’assurance, fondée sur les données, que les études n’ont pas été rendues publiques par inadvertance, c’est-à-dire que les chercheurs ou les volontaires peuvent raisonnablement deviner dans quel groupe ils se trouvent. L’aveuglement est le plus important lorsqu’il s’agit de mesurer des paramètres subjectifs comme le covid-19 symptomatique, et les différences d’effets secondaires post-injection entre le vaccin et le placebo auraient pu permettre de faire des suppositions éclairées. Les essais antérieurs de vaccins antigrippaux contrôlés par placebo n’ont pas permis de maintenir complètement l’aveuglement du statut du vaccin, et l’accident récent de la « demi-dose » dans l’essai du vaccin covid-19 à Oxford n’a apparemment été remarqué qu’en raison d’effets secondaires plus légers que prévu. (Et ce n’est là qu’une des nombreuses préoccupations liées à l’essai d’Oxford).

Contrairement à un placebo salin normal, les premiers essais ont suggéré que les effets indésirables systémiques et locaux sont fréquents chez les personnes qui reçoivent le vaccin. Dans un essai de Pfizer, par exemple, plus de la moitié des participants vaccinés ont souffert de maux de tête, de douleurs musculaires et de frissons – mais les essais de phase précoce étaient de petite taille, avec de grandes marges d’erreur dans les données. Peu de détails des grandes études de phase 3 ont été publiés jusqu’à présent. Le communiqué de presse de Moderna indique que 9% des participants ont souffert de myalgie de grade 3 et 10% de fatigue de grade 3 ; la déclaration de Pfizer indique que 3,8% ont souffert de fatigue de grade 3 et 2% de maux de tête de grade 3. Les événements indésirables de grade 3 sont considérés comme graves, définis comme empêchant l’activité quotidienne. Les réactions de gravité légère ou modérée sont forcément beaucoup plus fréquentes.

L’une des façons dont les données brutes de l’essai pourraient faciliter un jugement éclairé quant à savoir si une éventuelle levée de l’aveugle aurait pu affecter les résultats est d’analyser la fréquence à laquelle les personnes présentant des symptômes de covid-19 ont été orientées vers un test de confirmation du SRAS-CoV-2. Sans référence à un test, un cas suspect de covid-19 ne pourrait pas devenir un cas confirmé de covid-19, et constitue donc une étape cruciale pour être compté comme un événement primaire : covid-19 symptomatique confirmé en laboratoire. Comme certaines des réactions indésirables au vaccin sont elles-mêmes des symptômes du covid-19 (par exemple, fièvre, douleurs musculaires), on peut s’attendre à ce qu’une proportion beaucoup plus importante de personnes ayant reçu le vaccin aient été soumises à un prélèvement et à un test de dépistage du covid-2 du SRAS que celles ayant reçu un placebo.

Cela suppose que toutes les personnes présentant des symptômes soient testées, comme on pourrait s’y attendre. Cependant, les protocoles d’essai des études de Moderna et de Pfizer contiennent un langage explicite qui indique aux chercheurs d’utiliser leur jugement clinique pour décider s’ils doivent envoyer des personnes pour des tests. C’est ce que dit Moderna :

« Il est important de noter que certains des symptômes de COVID-19 se recoupent avec les effets indésirables systémiques sollicités qui sont attendus après une vaccination avec l’ARNm-1273 (par exemple, myalgie, maux de tête, fièvre et frissons). Au cours des 7 premiers jours après la vaccination, lorsque ces effets indésirables sollicités sont courants, les enquêteurs doivent utiliser leur jugement clinique pour décider si un écouvillon nasopharyngé doit être prélevé ».

 

Cela revient à demander aux enquêteurs de deviner dans quel groupe d’intervention se trouvaient les patients. Mais lorsque la maladie et les effets secondaires du vaccin se chevauchent, comment un clinicien peut-il juger de la cause sans test ? Et pourquoi leur a-t-on demandé, d’ailleurs ?

Il est important de noter que les instructions ne font référence qu’aux sept premiers jours suivant la vaccination, ce qui ne permet pas de savoir quel rôle le jugement du clinicien pourrait jouer dans les jours clés suivants, lorsque les cas de covid-19 pourraient commencer à compter pour le critère d’évaluation principal. (Pour Pfizer, 7 jours après la 2ème dose, pour Moderna, 14 jours).

Dans un essai approprié, tous les cas de covid-19 devraient avoir été enregistrés, quel que soit le bras de l’essai dans lequel le cas s’est produit. (En termes d’épidémiologie, il ne doit y avoir aucun biais de constatation, ni aucune erreur de mesure différentielle). C’est même devenu le bon sens à l’ère Covid : « test, test, test ». Mais si l’on n’orientait pas les personnes présentant des symptômes du covid-19 vers des tests, par exemple parce que l’on supposait que les symptômes étaient dus aux effets secondaires du vaccin, les cas pourraient ne pas être comptés.

Les données sur les médicaments anti-douleur et anti-fièvre méritent également d’être examinées. Les symptômes résultant d’une infection par le CoV-2 du SRAS (par exemple la fièvre ou les douleurs corporelles) peuvent être supprimés par des médicaments anti-douleur et anti-fièvre. Si les personnes ayant reçu le vaccin avaient pris ces médicaments à titre prophylactique, plus souvent ou pendant une période plus longue que celles ayant reçu le placebo, cela aurait pu entraîner une plus grande suppression des symptômes du covid-19 à la suite d’une infection par le CoV-2 du SRAS dans le groupe du vaccin, se traduisant par une réduction de la probabilité d’être suspecté d’être atteint par le covid-19, une réduction de la probabilité de subir des tests et donc une réduction de la probabilité d’atteindre le critère d’évaluation principal. Mais dans un tel scénario, l’effet a été déterminé par les médicaments, et non par le vaccin.

Ni Moderna ni Pfizer n’ont publié d’échantillons de documents écrits fournis aux patients, de sorte qu’on ne sait pas très bien quelles instructions, le cas échéant, ont été données aux patients concernant l’utilisation de médicaments pour traiter les effets secondaires après la vaccination, mais le formulaire de consentement éclairé pour l’essai de vaccin de Johnson et Johnson fournit une telle recommandation :

« Après l’administration de l’Ad26.COV2.S, la fièvre, les douleurs musculaires et les maux de tête semblent être plus fréquents chez les jeunes adultes et peuvent être graves. C’est pourquoi nous vous recommandons de prendre un antipyrétique ou un analgésique si les symptômes apparaissent après la vaccination, ou sur la recommandation du médecin de l’étude ».

L’annonce « efficace à 95 % » peut être beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît – ou peut-être pas. Seules une transparence totale et un examen rigoureux des données permettront de prendre des décisions en connaissance de cause. Les données doivent être rendues publiques.

Peter Doshi, rédacteur en chef adjoint, The BMJ.

Conflits d’intérêt : J’ai cherché à rendre publics les protocoles d’essais de vaccins et j’ai cosigné des lettres ouvertes appelant à l’indépendance et à la transparence dans la prise de décision concernant le vaccin contre le covid-19.

 

 

 

 

Pourquoi ?

Parce que lors d’une vaccination de masse, ce sont des personnes SAINES qui reçoivent le vaccin. La sécurité du produit doit donc être maximale afin de ne pas rendre malade une personne saine. Le « primum non nocere » de la médecine.

Or dans cette crise, la précipitation inouïe dans sa gestion a déjà entrainé de nombreux morts : retards diagnostics et thérapeutiquesdans les cancers et de nombreuses maladies chroniques. Le massacre de l’économie a également conduit les plus fragiles vers une détresse psychologique pouvant aboutir ausuicide[2]. A ce jour, encore trop peu d’études portant sur l’évaluation des réels dommages collatéraux d’un confinement ont été menées. D’autant plus que le deuxième confinement apparait désormais comme parfaitement inutile puisque les charges virales mesurées dans les eaux usées de Marseille [3] (étude COMETE réalisée par les pompiers), ainsi que dans les eaux usées d’Ile de France (réseau OBEPINE [4]) montraient déjà une diminution du virus plusieurs jours avant le 2ème confinement [4] .

Prenons donc garde à ne pas se précipiter vers une solution hypothétiquement idéale qui s’avèrerait une catastrophe sanitaire. Une bonne balance des bénéfices et des risques est nécessaire.

Que faut-il pour qu’un vaccin soit efficace et justifié :

  • Il faut tout d’abord que la maladie naturelle entraine une immunité protectrice qui perdure un certain temps. Concernant le SARS-COV2 et la maladie covid, il n’existe pas de données suffisantes pour l’affirmer.
  • Il faut que le virus ne mute pas trop vite pour que le vaccin soit efficace au moins une saison. Or depuis mars, au moins 5 mutants ont déjà été décrits par Colson et al. [5] pour le SARS-COV2 . Cette découverte est en accord avec le comportement habituel des virus à ARN, qui sont connus pour être hautement mutables. Il n’y a aucune assurance à ce jour que le vaccin préparé avec une souche protège d’une autre souche.
  • Il faut que la 2ème infection par le virus soit MOINS symptomatique que la première. A ce jour 15 cas de réinfections par le SARS-COV2 ont été décrits en Angleterre ou à Wuhan [5, 6, 7]. Tous les cas de figures se sont produits. Certains patients ont eu 2 infections peu ou pas- symptomatiques, d’autres deux infections sévères, d’autres une infection asymptomatique suivie d’une infection plus sévère ou le contraire. Cela implique que potentiellement, chez certaines personnes au moins, la vaccination pourrait favoriser une forme plus grave de la maladie que sans vaccination. C’est ce qui s’est produit avec le vaccin contre la dengue Dengvaxia qui a sensibilisé des populations naïves (en particulier des enfants) pour ce virus et a favorisé des formes de dengues hémorragiques aboutissant à plusieurs décès [8].
  • Pour justifier une vaccination de masse, il faut que la maladie ait une létalité importanteet qu’il n’existe pas de médicaments permettant de la traiter. Lorsqu’elle est traitée précocement, la létalité de la covid 19 est aux alentours de 0.5%, ce qui ne relève pas d’une très forte létalité dans le domaine des maladies infectieuses. Un grand débat est ouvert sur la question de l’hydroxychloroquineet l’azithromycine[9]. Si ces molécules s’avèrent finalement efficaces au moins en traitement voire en prophylaxie, la justification de la vaccination de masse s’écroule.
  • D’autre part, la communication médiatique matraque la nécessité de se faire vacciner pour protéger les autres, même si l’on n’est pas un sujet à risque. A-t-on pour l’instant la moindre preuve de l’efficacité du vaccin contre le covid à empêcher la transmission du virus ? D’ailleurs le médecin en chef de Moderna nous a avertis que ce n’était pas certain que le vaccin empêche la transmission du virus [10]Si le vaccin n’empêche pas la transmission, il ne sert plus à rien de vacciner les sujets sans facteur de risque.

Vaccins « nouvelle technologie » dits à ARNm.

A ce jour des communications des laboratoires Pfizer et Moderna ont déclaré que leurs vaccins à ARNm étaient efficaces à plus de 90%. Cependant aucune étude scientifique n’a pu être revue par les médecins et les scientifiques. D’autre part, aucune étude indépendante n’a pu être réalisée. Quel crédit peut–être accordé à de telles déclarations ? Surtout après la flambée de la bourse générée par ces annonces et la vente, dans la foulée, des actions possédées par les deux PDG. Ce qui est certain, c’est que ces déclarations ont d’ores et déjà enrichi les dirigeants de Pfizer et Moderna (efficacité 100%). Certains médecins s’étonnent que l’on puisse remettre en doute ces résultats. Doit-on rappeler le Lancetgate ? Doit-on rappeler l’histoire ubuesque du Remdésivir dont l’UE a acheté pour 1 milliard de doses juste avant que l’OMS le déconseille pour la covid 19 [11]? Il sera intéressant de savoir si les doses de Remdésivir seront même fabriquées finalement puisque l’industrie a touché le pactole, pourquoi s’embêter ? Alors réelle efficacité ou coup de bluff médiatique et boursier ?

Les vaccins à ARNm (dits ARN messagers) sont effectivement « en théorie » une astucieuse technique faisant produire à nos cellules les antigènes du virus (pour le SARS-COV-2, il s’agit de la protéine spike) au lieu de les faire produire de façon complexe par les industries. Cette technologie permet donc de produire plus facilement et plus vite un grand nombre de doses de vaccin. Ceci sous-entendrait que les vaccins soient donc moins chers que leurs homologues protéiques. Les vaccins à ARNm contre le covid 19 seront facturés entre 16 et 32 euros selon la firme pharmaceutique alors que le vaccin contre la grippe est facturé entre 6 et 7 euros. Ce fait laisse très pensif…

Toutefois, l’ARNm est facilement dégradé par nos enzymes. Il faut donc trouver un moyen de le véhiculer intact dans nos cellules pour qu’il puisse commander à la cellule la production de la protéine spike (antigène). Pour cela, plusieurs technologies développées sont actuellement testées en phase 3. Le laboratoire Pfizer a choisi de fabriquer une enveloppe mimant les protéines et lipides, qui aura les caractéristiques d’un virus sans en être un [12]. Thomas Madden, fabricant des lipoparticules dans lesquelles seront intégrées les ARNm pour les délivrer annonce que les tests de stabilité n’ont pas été réalisés, ce qui apparait très inquiétant. Une autre technique consiste en l’utilisation de véritables virus modifiés afin d’y intégrer le code de la protéine spike. Le virus du rhume a été choisi pour le vaccin Russe Spoutnik V et celui de la rougeole par l’institut Pasteur ; quant au laboratoire AstraZeneca il travaille sur un adénovirus modifié de chimpanzé. En tous cas, le déploiement d’un vaccin à ARNm destiné à l’homme et diffusé à grande échelle sera une première. Seuls quelques vaccins à ADN ont déjà été utilisés chez le cheval, le poisson ou le chien [12].

Habituellement la phase 3 des essais cliniques dédiés aux vaccins est généralement menée sur 50 000 personnes et demande une observation de plusieurs années. Les candidats vaccins bénéficieront, dans le cadre de la covid, d’un calendrier accéléré où l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) jugera le vaccin efficace à partir d’une réduction de 50% des infections [12]. On est en droit de se demander si tous les contrôles sécuritaires seront respectés.

Dans de nombreux articles de la presse dominante, des journalistes clament à qui veut l’entendre que l’ARNm ne peut pas s’intégrer dans le génome humain. Même si la probabilité apparait comme faible, elle ne peut pas être exclue en l’état actuel des connaissances. Pour s’intégrer dans le génome, un fragment d’ARNm a besoin notamment de deux enzymes : une rétrotranscriptase et une intégrase. Que se passera-t-il chez des patients qui sont co-infectés par des virus possédant ces deux enzymes comme les patients VIH positifs ou HTLV1 positifs ? Le génome humain est composé de 8% de rétrovirus intégrées anciennement. D’ailleurs certains génomes viraux ont été intégrés par des rétrotransposons présents dans les cellules humaines [13]. Chez l’homme le virus HHV6 peut s’intégrer dans les télomères des chromosomes et être réactivé dans certaines conditions [13]. Signalons qu’aucun séquençage de génome des patients ayant reçu les vaccins n’a été réalisé. De plus, si des effets de mutagenèse insertionnelle surviennent, il est probable que ces effets ne soient visibles qu’à moyen ou long terme et donc échappent à la surveillance des effets indésirables dus aux vaccins, surveillance qui est très courte.

Rappelons-nous que le vaccin Pandemrix, lui aussi réalisé à la va-vite dans l’urgence de la crise H1N1, a entrainé de la narcolepsie chez des personnes auparavant saines, qui n’ont toujours pas été indemnisées pour la plupart [14].

Risque dus aux conflits d’intérêts.

La crise du covid -19 aura au moins permis de mettre en exergue les problèmes de conflits d’intérêts auprès du grand public, même s’ils ne sont pas nouveaux et connus par les représentants du peuple.

Ces conflits d’intérêts interviennent à plusieurs niveaux.

En premier lieu dans certaines instances supra nationales telles que l’OMS, dans l’évidence – based – medecine et dans les instances nationales.

Le rapport du sénat sur la crise H1N1 de 2009 est riche d’enseignement sur les erreurs à ne pas commettre dans la gestion d’une crise sanitaire et sa lecture est vivement conseillée. Il s’inquiète, à plusieurs reprises dans le document, de « l’opacité de l’OMS et son incapacité – ou son manque de volonté – à gérer les conflits d’intérêts en son sein. » [15] Ce rapport souligne également « La façon dont la grippe pandémique H1N1 a été gérée non seulement par l’OMS mais aussi par les autorités de santé compétentes, tant au niveau de l’Union européenne qu’au niveau national, est alarmante. Certaines répercussions des décisions prises et des conseils prodigués sont particulièrement problématiques, dans la mesure où ils ont entraîné une distorsion des priorités au sein des services de santé publique à travers l’Europe, un gaspillage de fonds publics importants ainsi que des peurs injustifiées sur les risques de santé encourus par la population européenne en général ». D’ailleurs il semblerait que les peurs générées par une communication disproportionnée soit en rapport avec des conflits d’intérêt comme le suggère ce passage du rapport sénatorial : « les débats du groupe de travail réuni le 23 janvier 2009, souligne le lien entre la peur de la population et la commercialisation de vaccins prépandémiques. A la question « Quel serait l’intérêt d’un tel vaccin prépandémique ? » [15] , un des participants, M. Jonathan Van Tam, professeur en protection de la santé à l’Université de Nottingham, répond ainsi : « Cela dépend de quand vous le donnerez et combien la population aura peur au moment où vous l’administrerez ». Cette observation a été formulée quelques mois avant le déclenchement de la pandémie grippale. »

Concernant les conflits d’intérêts dans l’élaboration de la science, rappelons-nous du Lancetgate et de cette étude frauduleuse aboutissant à l’interdiction de prescription de l’hydroxychloroquine malgré les alertes de médecins et scientifiques criant à la fraude. Accablant, Richard Horton, ancien éditorialiste du journal le Lancet témoigne ainsi qu’ «une grande partie de la littérature scientifique, sans doute la moitié, pourrait être tout simplement fausse. Affligée d’études avec des échantillons réduits, d’effets infimes, d’analyses préliminaires invalides, et de conflits d’intérêts flagrants, avec l’obsession de suivre les tendances d’importance douteuse à la mode, la science a pris le mauvais tournant vers les ténèbres. [16] ». Autre grande figure de la presse médicale internationale, Marcia Angel, médecin et ancienne rédactrice en chef au New EnglandMedical Journal annonce qu’ « Il n’est tout simplement plus possible de croire une grande partie des publications de la recherche clinique, ni de compter sur le jugement des médecins expérimentés ou les directives médicales faisant autorité. Je ne prends aucun plaisir à formuler cette conclusion, à laquelle je suis parvenu lentement et à contrecœur lors de mes deux décennies passées au poste de rédacteur en chef du New England Journal of Medicine. » [17]

Risques du contexte légal de la vaccination :

PREP Act, adopté par le Congrès et signé par George Bush en décembre 2005, protège les firmes vaccinales de toutes poursuites judiciaires et les dédouane de toutes indemnités à payer pour les effets indésirables des vaccins. L’Union Européenne est en pourparlers avec les membres de la Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques (EFPIA) afin de définir qu’ils seront responsables juridiquement et pécuniairement des effets indésirables.

Le transfert de responsabilité des firmes pharmaceutiques vers les états a deux effets pervers évidents : 1) les laboratoires ne sont plus incités à produire des vaccins sécuritaires puisqu’ils n’en assument plus les conséquences ; 2) les états seront réticents à soutenir la recherche de l’imputabilité d’un effet indésirable à un vaccin puisque ce même état devra indemniser les victimes.

Les victimes risquent donc d’être fortement isolées (privées normalement de l’aide de l’état) pour faire reconnaitre les effets indésirables car ce n’est pas un citoyen seul qui peut démontrer une imputabilité scientifiquement.

Toujours sur le volet législatif, des verrous de sécurité sanitaire sont en train de tomber afin d’accélérer la mise sur le marché des vaccins. Le 15 juillet 2020, le règlement 2020/1043 [18] a été adopté par le Parlement européen et stipule que « dans la situation d’urgence de santé publique sans précédent créée par la pandémie de [la] Covid-19, il est nécessaire que la protection de la santé publique prévale. Il est dès lors nécessaire d’accorder une dérogation temporaire aux exigences d’évaluation des risques pour l’environnement et d’autorisation ou de consentement préalable » autrefois nécessaires pour les produits considérés comme des OGM. Or les vaccins à ARN et ADN devraient normalement tomber sous le coup de la législation européenne concernant les OGM.

Sur une obligation vaccinale :

Rappelons qu’une obligation vaccinale irait à l’encontre du principe d’autonomie et du refus de soin des patients. En effet, la loi du 4 mars 2002, renforcée par la loi du 22 avril 2005, a consacré le droit pour tout patient de refuser des traitements, même au risque de sa vie. Corollaire du consentement libre et éclairé, vous pouvez refuser tout acte de prévention, de diagnostic ou toute intervention thérapeutique, ou en demander l’interruption à tout moment.

« Aucun acte médical ni traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne » (article L.1111-4 du code de la santé publique).

RÉFÉRENCES

[1] https://www.cnbc.com/2020/03/20/who-officials-say-at-least-20-coronavirus-vaccines-are-in-development-in-global-race-for-cure.html

[2] https://www.irdes.fr/recherche/questions-d-economie-de-la-sante/249-les-inegalites-face-au-risque-de-detresse-psychologique-pendant-le-confinement-premiers-resultats-enquete-coclico.pdf

[3] https://www.mediterranee-infection.com/epidemies-et-frontieres-covid-19-et-egouts/

[4] https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid155363/surveillance-des-traces-du-virus-sars-cov-2-agent-de-la-covid-19-dans-les-eaux-usees-etat-d-avancement-du-deploiement-du-reseau-sentinelle-a-l-echelle-nationale.html

[5] Philippe COLSON, Anthony LEVASSEUR, Jeremy DELERCE, Hervé CHAUDET, Vincent BOSSI, Mariem BEN KHEDHER, Pierre-Edouard FOURNIER, Jean-Christophe LAGIER, Didier RAOULT, Dramatic increase in the SARS-CoV-2 mutation rate and low mortality rate during the second epidemic in summer in Marseille, doi: https://doi.org/10.35088/68c3-ew82https://www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/04/FD_Raoult_SARS-CoV-2_EID_Sep2020_vL2.pdf

[6] Sara Tomassini, DeeviaKotecha, Paul W Bird, Andrew Folwell, Simon Biju, Julian W Tang, Setting the criteria for SARS-CoV-2 reinfection – six possible cases, Journal of Infection, 2020, https://www.journalofinfection.com/article/S0163-4453(20)30546-6/fulltext

[7] Cao, S., Gan, Y., Wang, C. et al. Post-lockdown SARS-CoV-2 nucleic acid screening in nearly ten million residents of Wuhan, China. Nat Commun 11, 5917 (2020). https://doi.org/10.1038/s41467-020-19802-w https://www.nature.com/articles/s41467-020-19802-w?fbclid=IwAR2dO6fNpCgfJ_rGXj4J_mFsqcY-94KswwasY7xb111ZXMwphMO7-wlEMTU

[8] https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/274315/WER9336.pdf

[9] M. Million, P. Gautret, P. Colson, Y. Roussel, G. Dubourg, E. Chabriere, S. Honore, J.-M. Rolain, F. Fenollar, P.-E. Fournier, J.-C. Lagier, P. Parola, P. Brouqui, D. Raoult, Clinical efficacy of chloroquine derivatives in COVID-19 infection: comparative meta-analysis between the big data and the real world, New Microbes and New Infections, Volume 38, 2020, https://doi.org/10.1016/j.nmni.2020.100709

[10] https://www.businessinsider.fr/le-medecin-en-chef-de-moderna-avertit-que-le-vaccin-nempechera-pas-la-transmission-du-virus-185911

[11] https://youtu.be/FzYyoP6xBvU

[12] https://lejournal.cnrs.fr/articles/quel-vaccin-contre-le-covid-19

[13] Clément Gilbert, Cédric Feschotte. Virus et gènes viraux endogènes : évolution et impact. Virologie. 2016;20(3):158-173. doi:10.1684/vir.2016.0652 https://www.jle.com/fr/revues/vir/e-docs/virus_et_genes_viraux_endogenes_evolution_et_impact_307413/article.phtml?tab=citer

[14] https://www.ouest-france.fr/sante/grippe/grippe-h1n1-victime-d-effets-secondaires-au-vaccin-elle-attend-toujours-son-indemnisation-7061447

[15] https://www.senat.fr/rap/r09-685-1/r09-685-11.pdf

[16] https://www.h2mw.eu/redactionmedicale/2015/04/personne-ne-veut-r%C3%A9ellement-nettoyer-le-syst%C3%A8me-a-lot-of-what-is-published-is-incorrect-1.html

[17] https://www.bmj.com/content/346/bmj.f3830/rr/652673

[18] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32020R1043

Schéma d’une cellule humaine infectée par le coronavirus (SARS-CoV-2): sites d’action (* , *) des molécules inhibitrices de la multiplication du virus.

 

 

60S, 40S : sous-unités ribosomiques ; vRNA : ARN du virus => RdRp : enzyme servant à la réplication des virus, S proteine du pic, E, proteine de l’enveloppe, M : proteine de membrane, N : proteine de la nucléocapside, h.mRNA : ARN de la cellule humaine => Cytokines , ARDS : syndrome de détresse respiratoire aigue.

Auteur de la photo : Codjo Hountondji

 

Comment combattre le virus SARS-CoV-2 responsable de la pandémie de COronaVIrus Disease 2019 (le COVID-19) ?

1) Contre quelles cibles doit-on diriger les médicaments susceptibles de lutter contre le COVID-19 ?

Les virus ne peuvent se multiplier qu’avec l’aide de cellules hôtes qu’ils infectent. Toutes les infections virales sont donc strictement tributaires du ribosome des cellules infectées (complexe ribonucléoprotéique ubiquitaire, présent dans les cellules des règnes du vivant et responsable de toutes les synthèses). En effet, contrairement aux cellules, les virus ne possèdent aucun système de synthèse pour fabriquer les protéines indispensables pour leur multiplication. Pour infecter les cellules, les virus détournent alors à leur profit la propre machinerie de synthèse des cellules, basée sur le ribosome (voir figure). L’emploi de molécules thérapeutiques anti-COVID-19 doit donc cibler les ribosomes des cellules humaines infectées par le coronavirus, afin de les empêcher de faire, pour le virus, toutes les synthèses dont il a besoin (voir figure) [2].

 

2) Comment définit-on un antibiotique ? Quels sont ses rôles ?

Un antibiotique est un composé naturel, synthétisé par une bactérie dans le but de repousser les “attaques” d’une autre bactérie. Ces composés utilisés en Médecine humaine ou animale sont donc destinés en première intention à lutter contre les bactéries qui peuvent nous infecter. C’est de là que vient la croyanceque “les antibiotiques sont dirigés uniquement contre les bactéries”. Mais attention ! Il faut nuancercette notion en tenant compte des cibles des antibiotiques dans les bactéries qui nous infectent. En effet, il y a plusieurs types différents de cibles dans une bactérie pour les antibiotiques dans la lutte contre les infections bactériennes. Parmi ces cibles, la plus fréquemment visée est le ribosome des bactéries infectieuses. Près de 200 molécules antibiotiques individuelles différentes sont dirigées contre le ribosomedes bactéries infectieuses [3]. Elles sont classées en plusieurs familles parmi lesquelles deux sont appelées familles d’antibiotiques universels.

 

3) Est-il possible d’utiliser les antibiotiques universels pour traiter les patients COVID ?

Les antibiotiques universels appartiennent à 2 familles : la famille des macrolides et celle des tétracyclines. Ils sont qualifiés d’universels parce qu’ils exercent leur action d’inhibition en se liant à des sites fonctionnels universellement ressemblants des ribosomes dans tous les règnes du vivant (y compris sur le ribosome humain, du règne des eucaryotes). Par exemple, la tétracycline est utilisée en oncologie pour freiner l’activité des ribosomes des cellules cancéreuses, afin de les empêcher d’avoir une vitesse de division trop rapide synonyme de prolifération cellulaire (cancers). En particulier, la tétracycline est un antibiotique anti-métastase très utilisée en cancérologie. Ainsi, nous proposons qu’elle puisse être utilisée pour bloquer temporairement le ribosome humain afin de l’empêcher de faire pour le coronavirus toutes les synthèses dont il a besoin. De même, l’azithromycine, de la famille des macrolides est déjà utilisée depuis plus de 15 ans pour traiter une infection virale (l’infection par le papillomavirus) chez l’humain et chez le chien. Dans ce cas, cet antibiotique universel sert à bloquer temporairement le ribosome humain afin de l’empêcher de faire toutes les synthèses pour le papillomavirus.

Cette activité antivirale est parfaitement extrapolable à l’infection par le coronavirus. C’est ce qui explique le succès de l’azithromycine dans le traitement du COVID-19 que nous avons décrit dans un article récent [4]. En conclusion, nous considérons que le slogan “Pas d’antibiotique contre les virus !” n’est pas applicable aux antibiotiques universels qui possèdent des propriétés antivirales résultant de leurs interactions spécifiques avec les ribosomes des cellules humaines infectées par les virus. Ainsi, nous avons montré par le biais d’une modélisation à l’échelle atomique que l’azithromycine (i) jouait le rôle d’inhibiteur temporaire du ribosome humain et (ii) le rôle de transporteur du cation zinc (Zn++) sous forme de complexe “antibiotique-Zn++” au sein des cellules infectées par le coronavirus [1]. En effet, il avait déjà été rapporté que le cation zinc (Zn++) est un inhibiteur puissant du ribosome humain (voir figure et [4]).

 

A Retenir

Les ribosomes des cellules humaines font partie des organites cibles du virus SARS-CoV-2. Ces ribosomes sont des facteurs clés dans la multiplication virale au sein de l’organisme. Les antibiotiques universels pourraient être d’excellents candidats anti-viraux en bloquant spécifiquement l’activité de ces ribosomes. Le Zinc, combiné à l’antibiotique, améliorerait grandement son transport et son activité ciblée en inhibant l’activité catalytique des ribosomes.

 

 

Références

 

[1] J. H. Poupaert, B. Aguida, C. Hountondj, Study of the Interaction of Zinc Cation with Azithromycin and its Significance in the COVID-19 Treatment: A Molecular Approach, The Open Biochemistry Journal, Volume 14, (2020)

https://benthamopen.com/FULLTEXT/TOBIOCJ-14-33

[2] Li, H.; Liu, S.M.; Yu, X.H.; Tang, S.L.; Tang, C.K. Coronavirus disease (COVID-19): Current status and future perspectives. Int. J. Antimicrob. Agents, 2019., http://dx.doi.org/10.1016/j.ijantimicag.2020.105951

[3] Cocito C., Giambattista M.D., Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse protéique, médecine/sciences, 1990, Vol6, pp 46-54

http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/4061/MS_1990_1_46.pdf?sequence=1

[4] Codjo Hountondji, Gilles Besnaïnou, Eugène Gaudet, Jacques Poupaert, The Open Biochemistry Journal, (2020), In press.