Cela faisait plusieurs mois que la Haute Autorité de Santé, HAS, était silencieuse sur les vaccins contre le COVID. La HAS n’avait donné aucune évaluation au moment de la sortie du booster XBB.1.5. [1]

 

La Haute Autorité de Santé a publié ce mois de février 2024 un avis concernant la vaccination contre le COVID : la vaccination dite de printemps.

Il est donc maintenant clairement admis par la HAS, comme normale, de recevoir 2 vaccins par an contre le COVID. Et même 4 par an pour les plus de 80 ans et les personnes immunodéprimées.

Mais sur quoi se basent les recommandations de la HAS ?

Est-ce que les informations données par la HAS soutiennent une nouvelle dose de rappel chez les plus de 80 ans et les immunodéprimés ?

 

 

Considérations générales

 

La HAS a pris en considération les éléments suivants :

  • « Les données épidémiologiques de la Covid-19 pour les années 2022-2023 et 2023-2024 montrant une circulation du virus Sars-Cov-2 de faible intensité, avec des indicateurs qui se maintiennent à des niveaux bas tant pour les passages pour suspicion de Covid-19 aux urgences que pour les hospitalisations par rapport à 2021-2022. »

La HAS nous informe que la circulation du virus est faible et que l’impact du COVID sur les hospitalisations est bas.

 

La HAS ne donne évidemment pas de chiffres concernant ces indicateurs. Surement, car ils ne sont plus disponibles auprès de Santé Publique France depuis mi 2023. En effet, les indicateurs étaient trop faibles et étaient donc devenus non significatifs.

Il est donc raisonnable de penser que « les niveaux bas » dont parle la HAS sont très bas.

C’est effectivement confirmé par le réseau SENTINELLES : le COVID représente 41 fois moins de cas que les IRA en général et 20 fois moins de cas que la grippe. C’est-à-dire moins de 10 pour 100000 avec une grande majorité, heureusement, qui ne nécessite pas une hospitalisation.

C’est donc très bas.

Difficile de faire moins en réalité. [2]

 

 

  • « Une couverture vaccinale à l’issue de la semaine 03 de 35,9% des personnes 80 ans et plus. »

Effectivement, la vaccination, avec le vaccin XBB.1.5, des personnes 80 ans et plus a atteint son maximum en décembre 2023 soit 3 mois après le début de la campagne avec ce dernier « booster ». Depuis cette date, il apparait que les gens de cette catégorie d’âge refusent de se faire vacciner. Au final, seulement 1/3 des plus de 80 ans avaient accepté la vaccination. Et seulement 20% des 60-65 ans.

Mais la vaccination est encore plus faible chez les professionnels de santé exerçant en établissement de santé puisqu’elle ne dépasse pas 12%. Même eux ne semblent plus croire à son utilité.

 

L’avis de la HAS concerne ici la vaccination dite de printemps 2024.

La campagne de printemps 2023 montre un taux de vaccination extrêmement faible chez des personnes 80 ans et plus.

Une fraction seulement avait accepté cette vaccination.

 

Les gens sont donc surement du même avis que la HAS : la circulation du virus Sars-Cov-2 est de faible intensité et les hospitalisations sont basses. L’intérêt de la vaccination n’apparait pas important.

 

L’avis du 9 février 2024 de la HAS aurait donc pour but d’augmenter ce chiffre. La HAS essaye alors d’expliquer son intérêt.

 

 

La protection immunitaire

 

  • « La recommandation vaccinale « Stratégie de vaccination contre la Covid-19. Anticipation des campagnes de vaccination en 2023 », adoptée par la décision n°2023.0080/DC/SESPEV du 23 février 2023 du collège de la Haute Autorité de santé, qui prévoit pour les personnes âgées de 80 ans et plus et les personnes immunodéprimées dont la protection immunitaire diminue plus rapidement dans le temps ainsi que pour toute personne à très haut risque selon chaque situation médicale individuelle et dans le cadre d’une décision médicale partagée avec l’équipe soignante, une vaccination supplémentaire dès le printemps. »

La HAS devrait préciser, par honnêteté intellectuelle et médicale, que la protection dont elle parle, celle qui diminue rapidement, n’est en fait pas une protection immunitaire, mais un taux d’anticorps.

La différence est pourtant essentielle, car le public associe forcément la protection immunitaire à une protection contre les formes graves, la mortalité. Et non à un taux d’anticorps mesuré en laboratoire.

 

De plus, dans son rapport du 19 septembre 2022 [3], la HAS confirme encore que ce taux (titre/concentration), n’est pas corrélé à la protection vaccinale.

 

 

Même Pfizer a confirmé les propos de la HAS.

Lors d’une présentation publique (FDA 28 juin 2022), la vice-présidente de Pfizer pour les vaccins, Kena Swanson, a reconnu qu’« il n’y a pas de corrélation établie entre les niveaux d’anticorps et la protection contre la maladie. ».

 

De ce fait, ce type de tests est insuffisant pour démontrer une quelconque protection vaccinale, une efficacité des vaccins contre les formes graves du COVID.

C’est-à-dire qu’un taux élevé d’anticorps n’est pas le signe d’une protection contre le COVID.

 

Mais cela va plus loin puisque la HAS rappelle que les fabricants utilisent une méthode d’évaluation in-vitro dite de « neutralisation de particules pseudovirales » qui n’a jamais été validée, jamais reconnue comme fiable.

 

Ainsi la HAS se permet de mettre en avant des informations qu’elle récuse scientifiquement dans ses rapports.

 

Cette attitude est pour le moins gênante venant d’une institution aussi respectable et compétente.

 

Pour en avoir le cœur net, nous demandons à la HAS de fournir les données qui montrent l’efficacité vaccinale affirmée dans cet avis de février 2024.

 

 

Une dose tous les 3 mois

 

  • « La recommandation vaccinale « Stratégie vaccinale de rappel contre la Covid-19 », dans sa version adoptée par la décision n°2022.0301 du 19 septembre 2022 du collège de la Haute Autorité de santé et mise à jour en décembre 2022, qui rappelle les délais minimaux recommandés entre deux rappels, à savoir « trois mois pour les personnes de 80 ans et plus, pour les résidents en EHPAD ou en USLD, pour les personnes immunodéprimées ». »

La HAS s’appuie sur son rapport du 19 septembre 2022 pour recommander une vaccination tous les 3 mois chez les plus de 80 ans et les immunodéprimés.

Il s’agit d’une vaccination inédite puisqu’il faut 4 injections par an, selon la HAS.

Il n’existe aucun autre exemple de ce type de vaccin à ce jour.

 

Pourtant, dans ce même rapport du 19 septembre 2022, la HAS précise :

  • Les données d’immunogénicité, qui reposent uniquement sur des données pré-cliniques évaluant des réponses des anticorps neutralisants chez des souris.
  • L’absence de données d’efficacité clinique en complément des données d’immunogénicité.

 

Si la HAS s’appuie sur son document de 2022, c’est que la HAS, on peut le supposer, n’a rien de plus à proposer.

Ainsi la HAS recommanderait un vaccin dont elle dit ne pas connaitre l’efficacité. Et ce, 4 fois par an.

Difficile à croire de la part d’une institution aussi respectable et compétente.

 

Il faut aussi souligner que la HAS ne discute à aucun moment de la sureté, des effets indésirables de ce vaccin. D’ailleurs, dans son rapport du 19 septembre 2022, la HAS reconnaissait n’avoir aucune information sur la sureté de ce vaccin.

Pourtant, la HAS se permet de faire la publicité de la multiplication des injections, une tous les 3 mois, en oubliant visiblement que les médicaments sont soumis à un effet de dose

 

Pour en avoir le cœur net, nous demandons à la HAS de fournir les données d’efficacité et de sureté qui légitiment ses recommandations d’une dose tous les 3 mois.

 

Un vaccin contre un variant disparu

 

 

Ainsi, la HAS, en février 2024, recommande de vacciner les plus âgés et les immunodéprimés avec le vaccin XBB.1.5 puisque c’est le seul disponible depuis octobre 2023.

Il est curieux, médicalement et scientifiquement, que la HAS recommande cette vaccination alors que le variant XBB.1.5 n’est plus majoritaire depuis mai 2023.

 

 

Est-ce que la HAS peut expliquer l’intérêt de se vacciner avec une souche qui a disparu ?

Est-ce que la HAS dispose d’informations prouvant l’efficacité de cette vaccination XBB.1.5 sur les variants actuels ?

 

Il faut noter que la HAS faisait les mêmes recommandations dans son rapport du 19 septembre 2022, sur les vaccins dits « bivalents Omicron » pour l’ensemble des patients de plus de 12 ans, y compris avec des comorbidités, des immunodépressions ou une grossesse.

Des recommandations avec les mêmes questionnements, auxquels la HAS n’a pas souhaité répondre, puisque les souches vaccinales, celles présentent dans le vaccin disponible, avait disparu ou en passe de disparaitre, ce qui fut totalement le cas en décembre 2022.

 

De toute façon, dans son rapport du 19 septembre 2022, la HAS reconnaissait honnêtement n’avoir aucune information sur l’efficacité du vaccin.

C’était honnête, mais d’autant plus incohérent de le recommander puisqu’il s’agissait alors de charlatanisme au sens du Code de Santé Publique.

 

Mais ce type d’incohérence est une marque de la HAS depuis le depuis de la vaccination contre le COVID.

Il y a donc une cohérence.

Mais une cohérence qui n’appartient qu’à la HAS.

 

 

Conclusion

 

En conclusion, nous exigeons que la HAS fournisse l’efficacité vaccinale du rappel XBB.1.5 sur les formes graves et la mortalité chez les plus de 80 ans et immunodéprimés.

Nous exigeons aussi que la HAS fournisse les données de sécurité de cette 8eme injection en moins de 4 ans chez les plus de 80 ans et immunodéprimés.

 

Nous exigeons que la HAS légitime scientifiquement et médicalement ses recommandations.

 

 

 

[1] https://www.conseil-scientifique-independant.org/ou-est-passee-la-haute-autorite-de-sante/

[2] https://www.sentiweb.fr/document.php?doc=6176

[3] https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-09/rapport_evaluation_place_des_vaccins_cominarty_bivalents_original.omicron_ba.1_et_origninal._omicron_ba.4-5.pdf